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- Les Vallées du Thouet et de ses affluents

 
 
I. L'AMBIANCE
II. DYNAMIQUES ET ENJEUX DE PAYSAGE DE LA VALLEE DU THOUET ET DE SES AFFLUENTS

I. L'AMBIANCE
 


      I.4. ANALYSE PAR MOTIFS


           Relief et roches

Les roches traversées et le relief déterminent, plus que tout autre paramètre, les sites et les caractères de ces vallées. Du fait du franchissement géologique effectué par ces vallées, la succession des roches anciennes et des roches sédimentaires organise des ambiances très spécifiques par séquences : de falaises et chaos granitiques en amont aux parois calcaire en aval, il n’est pas rare de voir en même temps des découpes calcaires aux parois des vallées, tandis que les rochers granitiques animent le cours de la rivière. Les falaises, qu’elles soient granitiques ou calcaires, représentent (au moins potentiellement) un fort degré de pittoresque, particulièrement important à l’échelon régional dont le territoire est marqué par les grandes plaines horizontales. Par contrepoint, les verticales des falaises instaurent un contraste déterminant, un des seuls dont les paysages régionaux peuvent se prévaloir. C’est ainsi que, quand le relief s’évase et que disparaissent les motifs de découpe, les vallées perdent une grande partie de leur intérêt paysager.


           Eau

C’est bien entendu l’élément central de composition des paysages du secteur. C’est le motif central des « tableaux » ou autres illustrations proposées : les rivières elles-mêmes, les plans d’eau, les ouvrages liés à l’eau...


           Végétation

Elle se manifeste sous des formes très diverses, et contribue ainsi à la variété des paysages rencontrés. Les différents motifs s’étagent depuis les rives des cours d’eau jusqu’au rebord des coteaux, organisant une concentration des motifs sur une même entité de lieu, mais jouant également, trop souvent, le rôle d’écrans qui interdisent de jouir totalement de cette même qualité. La végétation propre des rives, fort riche, s’organise en bandes de ripisylves plus ou moins épaisses et denses selon les situations, et qui peuvent isoler dans un couloir l’espace même des rivières. Lors des franchissements, c’est souvent la vigueur de cette végétation qui s’impose au détriment d’une vision de l’eau. La matière spécifique des saules et des aulnes, la fraîcheur des iris et des joncs, suscite des scènes très plaisantes directement associées à l’eau. Dans les fonds de vallée, les prairies, les peupleraies et les cultures se succèdent selon les profils, et conditionnent largement l’ambiance proposée : prairies recoupées de haies dans le bocage, et vallées de plus en plus cultivées vers l’aval. Dans une lecture centrifuge de l’espace, partant de l’eau vers les horizons, le fond de vallée et les volumes qui l’occupent déterminent la possibilité de percevoir les éléments qui composent l’entité paysagère. Selon que le fond est dégagé ou non, on aura alors la possibilité de « lire ensemble » (c’est à dire de percevoir un paysage) la rivière et sa vallée, depuis l’eau jusqu’au ciel, et en particulier de percevoir en même temps les deux coteaux. A contrario, la présence de volumes végétaux (des peupliers le plus souvent, mais aussi des boisements, de la végétation naturelle haute, les ripisylves…) vient souvent s’interposer entre les différents éléments que l’espace de la vallée rassemble, camoufler un motif de falaise ou un horizon, briser la continuité d’un tronçon au fond dégagé…Le phénomène est particulièrement vif dans la mesure où l’échelle des dénivelés entre les fonds de vallée et les rebords des coteaux, ainsi que la hauteur moyenne des falaises, correspondent bien souvent à la hauteur d’un arbre. Une végétation spécifique succède à celle des fonds, et conditionne à nouveau les ambiances. Ainsi, dans les parties hautes du bocage, voit-on souvent le tissu des haies et des prairies, apparaître sur les flancs de la vallée. Plus en aval, quand la vallée se creuse dans les granits, ceux-ci peuvent accueillir une végétation tout à fait spécifique de terres maigres et arrosées : à Grifférus, les lichens composent sur la roche des paysages sculptés et bleutés, qui s’inscrivent dans le profil de la vallée au-devant du bocage qui leur succèdent plus haut. En revanche, la végétation de friche du fond de vallée, très étroit, interdit un rapport visuel avec la rivière elle-même… Ailleurs, les pentes accueillent tantôt des cultures ou des prairies (rares), tantôt des bois (qui souvent apportent une « conclusion » au paysage de vallée dont ils forment l’horizon), tantôt des friches, à des stades divers, résultant des difficultés de gestion des terres en pente. Les coteaux représentent dans leur ensemble un formidable potentiel de variété végétale : la succession des sols granitiques ou calcaires se conjuguant aux multiples types d’exposition à la lumière, à la pluie et à la chaleur, induisent un vaste volant de stations. A cette variété « naturelle » s’ajoute celle des modes de gestions : les prairies, pâturées ou fauchées, restent le mode de gestion assurant la plus riche présence végétale sur ces sites (la présence des orchidées sur les stations calcaires exposées au sud reste un symbole de cette potentialité). Le climat relativement doux du secteur implique une variété renforcée, permettant d’observer des stations de végétation méditerranéenne sur les versants sud et de stations septentrionales sur les versants à l’ombre, les paysages des vallées concentrant alors, en sus de toutes les autres condensations de motifs, la rencontre végétale du sud et du nord de la France qui constitue un trait spécifique de la r
           Motifs construits

Sur ce thème à nouveau, les vallées représentent une exceptionnelle richesse. L’eau suscite un patrimoine très largement impliqué dans la notion même de paysage. Telles des « fabriques » animant des tableaux, des photos, les paysages eux-même, c’est une multitude de ponts, moulins, barrages, manoirs et châteaux qui ponctuent le cours des vallées. Ces éléments sont naturellement associés par leur usage et dans leurs rapports spatiaux, à l’eau elle-même. A ce « petit » patrimoine s’ajoutent les agglomérations elles-mêmes : l’accès à l’eau, le contrôle des franchissements, les sites défensifs sculptés par le relief, ont motivé leur implantation dans les vallées, qui voient se succéder la grande majorité des localités de la région. Chacune d’entre elles occupe un « site » spécifique de vallée, un événement particulier du relief et du cours d’eau, souvent concentré par une position défensive et un franchissement qui forme le « noyau paysager » où se concentre le patrimoine bâti. Celui-ci, châteaux et centres anciens, forme avec les éléments naturels des compositions très typiques, autour desquelles les villes ont progressé, parfois jusqu’à déborder les limites du site d’implantation. Ce qui engendre souvent des difficultés à lire les rapports entre le tissu urbain et les éléments naturels, des ruptures dans les enchaînements de motifs, comme par exemple lorsque la silhouette du bâti vient fortuitement à l’horizon se superposer au contact initial d’une falaise ou d’un bois (Missé) ou bien envahir le fond de la vallée et s’interposer dans la lecture des flancs ou du noyau initial… La présence d’une forte population implique, à nouveau, les vallées comme paysages préférentiels de la région : elles ne représentent pas les plus grandes surfaces, mais concentrent les potentialités paysagères et les enjeux de cadre de vie les plus forts. Même si certaines d’entre elles ont désormais largement débordé de leur site initial pour venir entretenir de nouveaux rapports avec les paysages qui s’étendent au-delà des coteaux, les principales agglomérations du nord des Deux-Sèvres sont inscrites sur le cours des rivières : Airvault, Argenton-Château, Argenton-l’église, Bressuires, Parthenay, Saint-Loup-Lamairé et Thouars.


           Motifs des réseaux

Les routes et chemins marquent eux aussi les paysages de vallées. Les ponts, les viaducs, les gués, peuvent avoir valeur de révélation du paysage environnant, ou au contraire les détruire en niant leurs qualités. Le viaduc peut, par exemple, sublimer l’espace de la vallée. Des déblais-remblais générés par certains tracés –telles que des entailles disproportionnées pratiquées dans les coteaux–peuvent en briser à jamais l’harmonie en détruisant les limites de la vallée. Dans les Deux-Sèvres, le réseau des venelles, accrochées au flanc des coteaux, rappelle aussi l’histoire des protestants trouvant dans les vallées les refuges que la plaine ne pouvait leur offrir. Aujourd’hui, la jouissance ludique des paysages passe par la promenade et la randonnée : la qualité paysagère d’un site se mesure en grande partie aux possibilités offertes par les chemins, d’accéder et de voir les espaces. Le chemin de randonnée GR36 donne ainsi au Thouet une dimension paysagère qui l’inscrit comme un atout pour la région, ce qui reste potentiel dans le cas de l’Argenton.

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Quelques croquis (auteurs CASSINI, C. DOLLFUS-AMMOUR, paysagistes):   Croquis 1 : cliquer pour le voir    Croquis 2 : cliquer pour le voir


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