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- Les Terres Rouges, secteur Bocager

 
 
I. L'AMBIANCE PAYSAGERE
II. DYNAMIQUES ET ENJEUX DE PAYSAGE DES TERRES ROUGES – SECTEUR BOCAGER

I. L'AMBIANCE PAYSAGERE
 


      I.4. ANALYSE PAR MOTIFS


           Relief et roches

Le relief est sensiblement plus marqué au sud qu’au nord, du fait d’un creusement plus intense et plus dense par le réseau des vallées. C’est la terre elle-même, et sa surprenante couleur rouge, qui a donné son nom au secteur, et qui apparaît comme élément remarquable et récurrent sur le secteur.


           Eaux

Le bocage des Terres rouges n’est pas aussi humide que celui des massifs anciens. La présence de l’eau reste essentiellement limitée aux rivières. Les vallées, assez marquées au sud notamment, relèvent des entités paysagères consacrées (dans cet inventaire) aux vallées et à leurs affluents (706, 707).


           Végétation

C’est la composante primordiale du bocage, dont la haie constitue à la fois l’emblème, le principal élément de structuration de l’espace, et aussi l’essentiel des motifs visibles. La densité du réseau des haies va donc singulièrement déterminer l’ambiance des secteurs de bocage. Mais il faut également rappeler à quel point la position, la composition des haies et leur mode d’entretien sont importants pour déterminer la perception des paysages. Le degré d’opacité, la position vis à vis des routes et chemins, conditionnent la visibilité des territoires. Il y a par exemple une grande différence entre les haies opaques sur toute leur hauteur, et les haies qui associent une haie basse taillée sous une futaie, qui restent présentes pour assurer l’identité du bocage, et autorisent des vues dont elles forment un premier plan de grande qualité. La composition végétale et l’entretien vont aussi déterminer la matière végétale, les floraisons, la richesse floristique des motifs (on dit qu’une haie s’enrichit tout au long de son existence, et que les plus belles sont plusieurs fois centenaires). Enfin, le bocage présente depuis fort longtemps des types de composition floristique, formés avec les végétaux adaptés au climat, au sol, aux fonctionnalités des haies, et qui sont inscrites dans les yeux. Quand les gammes végétales s’en écartent, comme les haies de résineux aux abords des villages, il n’est plus possible de les associer au réseau général, dont le caractère de continuité rurale se trouve alors brisé. Dans le cas spécifique des Terres rouges bocagères, le réseau de haie est marqué par une grande diversité de formes et de types d’entretien, qui justifieraient un travail spécifique d’inventaire sûrement fort instructif. Cependant la présence des châtaigniers en sus des chênes vient apporter une note unificatrice, d’autant que l’on retrouve cette espèce sous forme de taillis et de sujets isolés dans les parcelles. Il semble toutefois que cette dernière forme soit appelée à disparaître : tous les sujets rencontrés ont semblé âgés, voire dépérissants, et sans jeunes plantations de relève. Pourtant l’espèce et ses utilisations ont donné son nom au « Pays Pèlebois », dans la région de Souvigné, en raison de la technique consistant à « peler » l’écorce des châtaigniers. Outre le réseau de haies, la végétation est marquée par l’alternance de prés et de cultures dans les parcelles, et par quelques massifs, dont les groupes marquent probablement des dépôts de terres plus pauvres, dans ce pays de marche géologique, et où le châtaignier reste marquant, du moins en lisière.


           Motifs construits

Le bocage fait contraste avec la plaine par son réseau de haies, mais aussi par la répartition du bâti : aux villages fortement regroupés de la plaine s’oppose la dispersion des établissements humains du bocage. Les petites unités de ferme et des hameaux, les châteaux et les manoirs isolés, forment une poussière bâtie très caractéristique. Le cloisonnement de l’espace, qui fragmente la perception en petites unités, camoufle une grande partie de bâtiments, protégés des regards par le réseau dense des haies. Ceci permet, aux volumes récents nécessités par l’élevage ou aux industries dispersées, de rester le plus souvent cachés derrière des « écrans bocagers ». Pour les mêmes raisons, quand un bourg ou un village apparaît, ce n’est pas au loin : le système bocager fait subitement place à quelques rues, et se referme ensuite aussi vite. L’architecture a ses propres particularités : aux maisons de granite des bocages des massifs anciens, se substituent des constructions aux pierres blanches, signifiant l’appartenance aux socles sédimentaires. Elles obéissent à un modèle plus méridional caractérisé par des pierres en bossage ; celles-ci animent de très nombreux murs en jouant de leur ombre portée. Une des caractéristiques les plus notables de ce secteur consiste dans les systèmes de parcelles closes de murets en pierre calcaire, qui s’étendent à la périphérie des villages. C’est là un motif de transition d’une très grande qualité entre les agglomérations et l’environnement rural. La maçonnerie des murs, fort variée, donne aux paysages un caractère de distinction très élégant. Certains murets semblent avoir été délibérément plantés sur leur couronnement (pays sauzéen). Malheureusement, le réseau de murets reste globalement dans un état d’abandon notable : souvent abandonnés, écroulés, envahis de halliers, ils ne peuvent plus jouer ce rôle si spécifique dans le paysage. Il arrive parfois que l’on en rencontre en clôture de pavillons récents ; c’est là une excellente manière de les réutiliser et qui devrait être beaucoup plus encouragée. Comme c’est le cas pour presque toute la région, les agglomérations les plus notables s’inscrivent dans des paysages de vallées : Melle, Celles-sur-Belle, Saint-Maixent-L’École, Lusignan, Vivonne, Couhé… Seule Rouillé s’inscrit tout entière dans le paysage des Terres rouges bocagères. On note également, comme pour « l’Entre-plaine-et-Gâtine », une plus grande densité d’agglomérations au contact de la plaine, et bien évidemment, prioritairement le long des grands axes. Ce phénomène s’intensifie à l’approche de Niort (nord-ouest du secteur).


           Motifs des réseaux

La dispersion du bâti, ainsi que l’ancienneté du parcellaire, durabilisé par la fixité des haies, conduisent à un réseau dense de petites routes et d’innombrables chemins. Leurs parcours, pas toujours directs, contribuent au sentiment d’enfouissement que procure le bocage. Par contraste, les routes récentes semblent appartenir à un autre territoire. Les chemins creux, bordés de haies établies sur des levées de terre, recouverts par la frondaison des arbres, forment un des motifs les mieux marqués du bocage, très apprécié par les randonneurs par temps chaud. Quant aux routes, elles occasionnent une certaine frustration : les haies qui les bordent sont le plus souvent entretenues à l’économie, taillées verticalement sans transparence, et ne présentent que trop peu d’échappées visuelles sur les scènes du bocage. Quand il en apparaît une, la route trop étroite ne permet pas de stationner pour en profiter.

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Quelques croquis (auteurs CASSINI, C. DOLLFUS-AMMOUR, paysagistes):   Croquis 1 : cliquer pour le voir    Croquis 2 : cliquer pour le voir


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