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- Le Bocage Bressuirais

 
 
I. L'AMBIANCE
II. DYNAMIQUES ET ENJEUX DE PAYSAGE EN GATINE ET BOCAGE BRESSUIRAIS

II. DYNAMIQUES ET ENJEUX DE PAYSAGE EN GATINE ET BOCAGE BRESSUIRAIS
 


      II.1 PRINCIPALES DYNAMIQUES


           Agriculture

Le bocage s’est formé anciennement, probablement à partir du XIe siècle, avec une période de progression au XVe siècle. C’est une région d’élevage, mais aux terres pauvres pour la culture, et longtemps isolée du fait du réseau routier. C’est ce dont témoigne ce texte rédigé en 1788 pour l’assemblée de la noblesse du Poitou : « Pays pauvre et sans débouchés, sans manufacture, sans population suffisante pour le défrichement et pour l’agriculture, isolé par la difficulté des communications, rempli de fougères, accidenté, couvert d’ajoncs et de genêts où la récolte n’équivaut presque jamais aux débouchés qu’elle exige. Le pays est peuplé d’hommes rabougris, énervés, sans courage, peu laborieux et débiles du fait de la mauvaise nourriture dont ils se sustentent, leurs grains suffisant à peine à les nourrir pendant cinq mois de l’année ». Depuis, les progrès de l’agriculture et surtout des échanges ont largement amélioré le sort des populations de la région. La vocation d’élevage y reste très forte, orientée vers la production bovine laitière, mais aussi diversifiée. Elle est complétée par la production de fruits.


           Tourisme

La Gâtine, comme le souligne le guide bleu, est un pays typique pour le tourisme vert.


           Infrastructures

La mauvaise qualité du réseau routier a longtemps été un handicap pour le secteur, qui ne s’est pas vraiment développé en partie pour cette cause. C’est également une des raisons de la Chouannerie, qui trouvait là un refuge et un maquis. On lit que c’est pour mater les mouvements chouans que l’état a mis en place le réseau des routes droites qui relie le secteur à ses voisins.


           Démographie-société

Le Nord Deux-Sèvres est une zone agricole sans véritable pôle d'emploi. Bressuire (15 800 habitants en 1990) et Parthenay (10 800 habitants en 1990) concentrent les activités tertiaires, tandis que Mauléon (7 600 habitants en 1990) et Cerizay (4 700 habitants en 1990) sont plus orientés vers l'activité industrielle. Cette répartition spatiale de l'activité économique permet le relatif développement des campagnes environnantes et limite l'exode rural. Elle induit également une faible quantité de déplacements domicile-lieu de travail inter-cantonaux. Seuls les cantons de Saint-Loup-Lamairé et de Secondigny, polarisés par Parthenay et par Bressuire, sont des cantons « dortoirs » où le nombre d'actifs au lieu de travail est largement inférieur au nombre d'actifs au lieu de résidence. Les déplacements en dehors de la zone sont également limités : seulement 6 % des actifs résidant dans la zone la quittent pour trouver un emploi. Ils se dirigent vers le département de la Vendée et surtout vers celui du Maine-et-Loire.
Les petits pôles urbains qui animent la région connaissent, comme les autres agglomérations de la région, une tendance au développement des espaces périurbains et des zones industrielles et commerciales. Ce sont en effet les ceintures périurbaines qui concentrent la croissance démographique et économique, au détriment de la ville-centre. Les implications sont sensibles sur le plan de l'évolution du paysage et celui du fonctionnement de l'espace, même si elles conservent ici un caractère modeste. Ces évolutions doivent certainement faire l'objet d'une réflexion, en particulier autour de Bressuire et de Parthenay. L'extension et la densification des espaces résidentiels, industriels ou commerciaux périurbains sur des terres autrefois agricoles doivent s'accompagner d'un projet d'aménagement paysager et spatial visant à limiter leur dilution et leur étalement exagérés. De plus, un paysage dont l'identité a été pensée et dont l'emprise spatiale a été délimitée est certainement préférable à la formation d'un paysage spontané, obéissant aux seuls impératifs économiques, et dont la tendance naturelle est de se diluer sur des territoires au détriment de leur identité.


           Evolutions actuelles

L’agriculture évolue ici comme ailleurs : drainage et mise en culture des parcelles de prairie, abandon d’entretien des haies, évolution de la stabulation, probablement en priorité aux abords des routes. Certaines parcelles sont transformées en plans d’eau pour l’agrément. Ceux-ci ne sont pas spécialement composés dans leur rapport au paysage (levées de terre, végétation…) et entraînent la baisse du niveau des cours d’eau. D’autres prairies ou champs sont plantés pour un boisement de rapport avec du chêne, merisier, pin laricio, peuplier pour les fonds de vallée ou, mais moins souvent, du noyer. Ce secteur est couvert dans sa majorité de prairies permanentes. Ces espaces comportent plus de 40% de surface de prairies, maintenues par l’élevage et la production de lait (quotas laitiers). Dans les parties intérieures de la région, on peut considérer que le maillage bocager arboré accompagne assez systématiquement les prairies et compense les inconvénients de la présence plus ou moins marquée de cultures, notamment de maïs (souvent considéré comme « culture fourragère » dès lors qu’il est récolté en ensilage). Les haies constituant le bocage ont plusieurs rôles par rapport à la faune sauvage notamment. Elles ont une structure riche en disponibilités alimentaires et en abris variés. Leur structure linéaire favorise le déplacement des individus. Les haies permettent donc l’installation d’une faune riche, diversifiée et en équilibre avec les milieux environnant. La composition faunistique du bocage est influencée par plusieurs paramètres : la structure de la haie, l’intersection des haies, la connexion entre les haies et la distance aux sources d’espèces. La diversité écologique est très forte dans le bocage. On trouve des milieux ouverts herbacés à divers degrés d’intensification (bordures herbeuses, friches herbacées, prairies naturelles fauchées ou pâturées ) et des milieux plus fermés (haies, bois, landes, fourrés pré-forestiers) ; ces milieux permettent l’expression des diverses niches écologiques et se caractérisent par la diversité de leur faune.

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Quelques croquis (auteurs CASSINI, C. DOLLFUS-AMMOUR, paysagistes):   Croquis 1 : cliquer pour le voir    Croquis 2 : cliquer pour le voir


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