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301
- La Gâtine de Parthenay

 
 
I. L'AMBIANCE
II. DYNAMIQUES ET ENJEUX DE PAYSAGE EN GATINE ET BOCAGE BRESSUIRAIS

I. L'AMBIANCE
 


      I.1. « ELEMENTS D’ANTICIPATION »

NB : le nom même de « bocage », s’il désigne un territoire, est aussi une forme typique de paysage, que l’on identifie sur les secteurs décrits ici. Afin d’éviter les confusions, nous écrirons « bocage », avec une minuscule, quand il s’agira du type paysager, et « Bocage », avec une majuscule, pour désigner le territoire autour de Bressuire.

Pour décrire la France, P. Vidal de la Blache, appelant les traits de contraste les plus vifs, inscrit dans l’imaginaire collectif la différenciation capitale entre les bocages et les campagnes. Relayé par les cours de géographie de l’école, le constat fonde un des schémas d’identification les plus puissants qui nous aident à percevoir les paysages : le bocage constitue, dans nos esprits, un type extrêmement fort, qui donne un lien aux éléments que nous percevons. Au cours des travaux d’inventaire, les représentations picturales ou photographiques se sont avérées peu nombreuses. Il est vrai que le paysage bocager ne présente pas facilement de vue d’ensemble, sinon en avion ou du haut des châteaux d’eau (c’est d’ailleurs le cas des rares photos apparaissant dans les guides touristiques et géographiques), et se goûte de préférence lors de déplacements. Il n’en reste pas moins vrai que le bocage, dans l’imaginaire, condense une idée de campagne pastorale, arborée, variée, calme, authentique, dont les représentations mentales sont moins le fait de paysages grandioses, que de petites scènes au sein desquelles les arbres, les prés, les animaux, composent un cadre accueillant, plaisant, frais. De nos jours, pour les défenseurs de la nature, s’y ajoute l’identité, parfois fantasmée, d’un paysage menacé par le remembrement et l’industrialisation de l’agriculture, et assimilé plus ou moins à une espèce en voie de disparition. Pour ces secteurs en particulier, l’imaginaire est aussi chargé d’histoire. Une grande pauvreté a longtemps caractérisé cette région isolée aux terres ingrates (et le nom de Gâtine reprend en lui-même ce souvenir de terres pauvres), parcourue jusqu’au début du XXe siècle par les loups affamés. De plus, le territoire est marqué par les événements de la Chouannerie, dont le paysage lui-même demeure une effigie très importante. Le « maquis » dans lequel il était possible de se cacher, les routes tracées ensuite par le pouvoir pour le mater, restent associés à une période de l’histoire de France encore très présente dans la mémoire collective. Il faut également citer le cas très caractéristique de la « Petite Eglise », dont les fidèles se retrouvent dans la région de Courlay. Très attachée aux traditions, cette communauté spirituelle implique le paysage du Bocage dans son identité spécifique. La forme et la composition des éléments du paysage, leur entretien, ne sont pas seulement les rouages d'une structure agricole ou l'habitat de telle ou telle espèce : l'attitude de la Petite Eglise nous indique fortement que le paysage, en tant que forme, peut être respecté et entretenu pour participer à une identité culturelle, au même titre que les vêtements, le langage ou les rites religieux.

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Quelques croquis (auteurs CASSINI, C. DOLLFUS-AMMOUR, paysagistes):   Croquis 1 : cliquer pour le voir    Croquis 2 : cliquer pour le voir


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