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202
- Les Terres de Brandes

 
 
I. L'AMBIANCE PAYSAGERE
II. DYNAMIQUES DE PAYSAGE DANS LES TERRES DE BRANDES
III. LES ENJEUX DE PAYSAGE

I. L'AMBIANCE PAYSAGERE
 


      I.4. ANALYSE PAR MOTIFS


           Relief et roches

Le relief est globalement peu marqué, ce qui renforce l’intensité « paysagère » des secteurs de vallée, grandes ou petites, qui entaillent les terres de brandes. Les petits mouvements, notamment, révèlent l’organisation des plateaux (cultures et motifs végétaux arborés) , sans pour autant produire la configuration spécifique des vallées. On notera aussi la présence « imaginaire » du seuil du Poitou, inspirée par le géographe Vidal de la Blache : « ici se rencontrent le bassin parisien et le bassin aquitain, et sous cette rencontre passe, souterraine, la continuité des roches anciennes d’armorique et du massif central… » ; un tel carrefour ne se traduit cependant pas de façon spectaculaire dans le paysage.


           Eaux

Peu présente, sinon celle des vallées. Quelques mares, cependant, apparaissent à proximité des fermes (comme par exemple en face du prieuré de Villesalem) ou dans les pâtures. Les étangs présents dans ce secteur mais aussi dans le camp militaire de Montmorillon (902), ne sont pas naturels. Ils ont été créés par l’homme avec des systèmes de retenue d’eau pour apporter une richesse au pays. En effet, ils permettent en alternance la pisciculture et la culture une fois l’étang vidé et curé ; leur remise en eau se faisant naturellement par la suite en hiver.


           Végétation

Les cultures et les prés se partagent le sol de la région sans lui conférer de personnalité très forte. Les principaux caractères spécifiques proviennent des motifs arborés, multiples et combinés : arbres isolés dans les parcelles, bosquets, haies. Les bosquets, taillis, forêts, occupent une place qui peut devenir importante : certains secteurs atteignent une proportion supérieure à 15%, et la fôret vient à dominer le paysage autour du massif de la Moulière. C’est également le cas aux abords des vallées : la proportion de bois s’intensifie à l’approche des rebords des vallées de la Vienne, de la Gartempe, du Salleron, et tend à confirmer le contraste de lecture entre les plateaux et les paysages de vallée. On retrouve cependant les taillis sur l’ensemble du secteur, qui interviennent à l’horizon et dans l’espace avec plus ou moins de force selon leur position dans le relief. Ils sont rarement les seuls éléments arborés en relation avec les surfaces de cultures ou de prairie : ils se combinent aux haies, aux bribes d’alignement, aux arbres isolés. On remarque cependant une certaine maigreur de ces motifs (cf. § I.1), due en partie à la pauvreté des sols, en partie probablement aux difficultés d’entretien d’une campagne peu peuplée. Les haies paraissent tronquées, orphelines du bocage auquel elles auraient autrefois participé. Les arbres ébauchent quelques alignements le long des routes, mais sans jamais atteindre au monumental. Pourtant la forme des chênes adultes est partout belle. On note également que les arbres, principal atout du dispositif, sont vieillissants, et on ne remarque aucun jeune sujet destiné à prendre la relève du patrimoine existant. De loin en loin, l’ancienne couverture de végétation rudérale, (ajoncs, bruyères…) réapparaît à l’occasion d’un « délaissé » : fossé, bout de haie, friche, guéret …ou sur des surfaces plus importantes : ainsi, les sites connus des Brandes du Poitou à St Léomer, et d'autres secteurs repérés sur les communes de Saint-Pierre de Maillé, Nalliers, Haims, Pindray, Sillars, Lussac-les-chateaux, La Ferrières-Airoux.


           Motifs construits

La rareté du bâti caractérise le secteur depuis toujours, et reste singulière : les villages et les fermes n’apparaissent que sporadiquement, ce qui contribue à former un paysage « désert », tout en assurant la prédominance des éléments végétaux. Une des meilleures illustrations est représentée par le prieuré de Villesalem, dont la belle architecture et l’ancienneté rares se trouvent encore en contact direct avec cette campagne retirée, pour donner véritablement l’ambiance des ermitages du moyen-âge. On notera également l’intervention à l’horizon des tours de refroidissement de la centrale de Civaux et des lignes électriques qui rayonnent autour d’elle, une des rares interventions de la modernité dans un secteur qui paraît un peu hors du temps. Aucune agglomération n'est spécifiquement inscrite dans ce type de paysage : les localités les plus importantes sont toutes situées dans les vallées, et n'entrent en contact avec les Terres de Brandes que lorsqu'elles ont, par leurs extensions les plus récentes, débordé de leur site initial. Ainsi, il faut remarquer l’exemple de Montmorillon qui, sur son entrée à l’Est, présente une entrée de ville calamiteuse, qui détruit la notion de campagne hors du temps régnant ailleurs, et la possibilité d’inscrire correctement la petite ville, par ailleurs assez charmante, dans sa campagne. Dans un rayon de 10 à 15 km autour de Poitiers, les villages présentent une taille plus importante, et le paysage peu caractérisé des Terres de brandes laisse peu à peu la place aux fronts urbains de Poitiers.


           Infrastructures

Le secteur est marqué par une faible densité du réseau routier, et par le vocabulaire des motifs végétaux, haies et arbres isolés, bosquets, qui l'associe plus ou moins fortement dans son maillage. Quand la belle silhouette d’un chêne isolé, d’un groupe, ou d’une haie d’arbres, vient longer la route, le paysage prend soudain une vigueur particulière, instaurant une mise en scène très valorisante entre le visiteur et le territoire, tout en reposant sur les éléments même qui le composent, et donnant de la profondeur et de l’espace à un paysage qui manque de relief. On remarquera cependant que cette articulation reste en deçà des possibilités qu’elle offre : l’entretien des haies des routes reste manifestement minimal et de nombreux motifs, notamment les groupes et les lignes d’arbres, pourraient être mieux mis en valeur, de même que les transparences vers les cultures et les pâtures. Une meilleure prise en compte de cette dimension importante du paysage apporterait sûrement beaucoup à un secteur qui ne mérite pas la réputation de monotonie qu’il laisse aux commentateurs. L'entrée dans le département de la Vienne depuis Saint-Benoît-du-Sault, par exemple, pourrait beaucoup mieux tirer parti du vocabulaire végétal du secteur.

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Quelques croquis (auteurs CASSINI, C. DOLLFUS-AMMOUR, paysagistes):   Croquis 1 : cliquer pour le voir   


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