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- Les plateaux de Pamproux et de Lezay

 
 
I. L'AMBIANCE PAYSAGERE
II. DYNAMIQUES ET ENJEUX DE PAYSAGE DANS LES PLAINES DE CHAMPS OUVERTS

II. DYNAMIQUES ET ENJEUX DE PAYSAGE DANS LES PLAINES DE CHAMPS OUVERTS
 


      II.2. LE DIAGNOSTIC PAYSAGER


           Atouts et faiblesses

Comme le notait Jean Pitié (*), il s’agit pour la région d’un des paysages "les mieux caractérisés", en référence aux plaines de grande culture. Issus de civilisations rurales anciennes, ils présentent (présentaient) une organisation spécifique et de qualité (voir ci dessus).C’est là un atout régional. En outre, les plaines constituent des lieux de grande respiration, de grands espaces d’une valeur réelle pour ceux qui en manque dans les villes.
Les plaines jouent également un grand rôle de par les contrastes assez vifs qu’elles créent avec le bocage, les vallées, les marais qu’elles contribuent à mettre en valeur.
Pourtant le risque existe que les différents aménageurs, considérant qu’il s’agit de paysages non pittoresques (de non paysage), ne portent pas une attention aussi soutenue qu’à d’autres secteurs mieux reconnus.

Les paysages de la plaine sont fragiles.

L’horizon dégagé met directement en contact le ciel et la terre. Le moindre objet –pavillon, centre commercial– qui s’y interpose, est vu de très loin, et détruit leur identité de campagne, la beauté de leurs larges horizons. C’est donc paradoxalement un type de paysage qui nécessite une grande attention d’intégration, plus délicate peut-être que, par exemple, dans le paysage cloisonné du bocage.
En plaine de Neuville à Thouars, en même temps que la disparition de nombreux motifs –notamment les noyers dans les champs ou les vignes plus nombreuses qu’ailleurs– c’est d’identité locale qui disparaît.

Dans la dépression de Villebois-Lavalette, la présence du château, la proximité d’Angoulême, la valorisation par contraste mutuel avec les forêts environnantes, donnent au secteur une valeur paysagère spécifique parmi les plaines de la région, que renforce la présence d’un patrimoine architectural notable (châteaux, églises troglodytes à proximité…). En outre, le caractère rural est resté très affirmé, en grande cohérence.
Mais en termes d’attractivité, les plaines hormis les variations de couleur au fil des saisons restent assez monotones. Réduites à l’idée d’agriculture intensive elles perdent aux yeux de la plupart toute valeur paysagère.


           Menaces

La progression des fronts urbains sans articulation avec la plaine affaiblit les valeurs de contrastes paysagers.

En plaine d'Aunis, la progression de la Rochelle constitue la principale menace de destruction de la plaine, non pas tant en quantité de surface (la plaine est vaste et peut accueillir de nouveaux quartiers) mais plutôt dans la dénaturation de ses caractères et l’absence de traitement des limites entre les cultures et les développements urbains.

Le développement d’une urbanisation en bande le long des axes routiers tend à uniformiser la lecture et l'appréciation des paysages.

Celui-ci concerne principalement l'urbanisation commerciale : c'est entre autres le cas de la RN11, en plaine de Niort, pour laquelle une urbanisation incontrôlée ne prenant pas en compte cette dimension de respiration nécessaire à l'appréciation des paysages de plaines, constitue une menace effective sur la qualité des paysages du secteur.

Un principe comparable a lieu en plaine de Neuville à Thouars, autour de villages fortement regroupés mais aussi aux abords d'agglomérations (Poitiers, Thouars) où le développement pavillonnaire, en isolés ou en bande le long des voies, peut être destructeur pour un paysage aussi dégagé. Car tout s'y voit et intervient fortement dans l’horizon.

Les mouvements de sol des aménagements routiers et autoroutiers apparaissent bien souvent de manière incongrue dans le paysage même si des efforts sont souvent entrepris pour les "végétaliser".

Si une modification importante des modelés de sols est techniquement nécessaire aux aménagements routiers, ils requièrent des réflexions paysagères préalables fines afin d'être positionnés et organisés au mieux dans ces paysages. La végétalisation, parfois utilisée comme "alibi paysager" n'est pas toujours suffisante ; l'organisation même de ces modelés doit s'inscrire dans un véritable projet de paysage dans lequel le végétal (ou le minéral, le cas échéant) prend pleinement sa place pour nourrir et enrichir la qualité des aménagements.

Des préoccupations paysagères insuffisantes ou simplement trop tardives.

Trop souvent encore, d'importants projets techniques à fort impact paysager –dont la remise en cause n'est pas ici l'objet– ne se donnent pas le temps de réflexion nécessaire à la prise en compte du devenir des "évènements paysagers spécifiques" de la plaine. Située trop en aval des considérations techniques, la réflexion ne peut se cantonner alors qu'à l'élaboration d'un plan de végétalisation –sous le terme alibi de "paysagement"– qui ne saurait tenir lieu de projet de paysage.
La réflexion simultanée des opérateurs techniques et des concepteurs paysagistes est la seule alternative à l'émergence d'un projet qui réponde conjointement aux considérations techniques et à l'ensemble des préoccupations paysagères sous ses multiples facettes en particulier esthétiques ou culturelles…

Notre incapacité à anticiper les effets en terme de paysage des importantes évolutions en cours dans l’agriculture nationale et donc régionale.


           Orientations envisageables

Agir sur l'évolution du regard et de la représentation.

Retrouver et diffuser des images des paysages antérieurs aux remembrements, sans vouloir les reconstituer, mais pour rééquilibrer les réalités locales de plaines par rapport à l’image très forte du modèle de la Beauce, et ce afin de mieux appréhender les évolutions à venir,
Mieux tenir compte du fait que la plaine forme le paysage des villes en extension et de la nécessaire qualité de l’articulation entre l'urbain et le rural,
Inscrire la plaine dans le paysage des déplacements, des locaux ou des touristes, et en tenir compte pour sa qualité et celle des "mises en scène" depuis les routes.

Concevoir un programme de jardins liés au patrimoine architectural et paysager.

Certains villages de plaines pourraient faire l'objet de travaux de recherche de concepteurs (architectes-paysagistes, architectes…) ainsi que cela a été entrepris dans la dépression de Villebois-Lavalette, afin de déterminer et d'exploiter les relations qui s'établissent entre les jardins et le paysage et de mettre en place des programmes d'actions locaux.

S'attacher à créer et/ou entretenir la valeur de contraste que la plaine occasionne au sortir de la ville dans les projets périurbains.

En plaine de Neuville à Thouars par exemple, sans être du plus grand pittoresque, la plaine peut cependant prétendre à représenter, à proximité de Poitiers, du Futuroscope, et avec le château d’Oiron, un environnement de bonne tenue. Les horizons, l’étendue de grandes vues sur un univers de cultures, représentent, malgré tout, un atout au sortir des villes et de leurs banlieues dénuées de perspectives naturelles. Le premier champs de colza, en contact avec l’horizon, prend valeur de symbole pour qui sort de la ville.

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Quelques croquis (auteurs CASSINI, C. DOLLFUS-AMMOUR, paysagistes):   Croquis 1 : cliquer pour le voir    Croquis 2 : cliquer pour le voir


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