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800 - Villes principales
Méthode d'inventaire et d'identification des paysages


Album extrait: Les remparts d'Angoulême, comme les collines environnant la ville, sont des lieux privilégiés de découverte du territoire sur lequel la ville a étendu son agglomération récente. Ce sont des lieux de perception réciproque, l'un constituant le paysage de l'autre.

Certaines villes s'inscrivent avec évidence dans un site, dans un environnement particulier et participent pleinement à la qualité du paysage : elles "composent" avec celui-ci en s'appuyant sur un relief accidenté, en s'allongeant le long d'un cours d'eau ou selon bien d'autres éléments (naturels, sociaux, culturels…). Une ville comme Angles-sur-l'Anglin (Vienne), comme son nom l'indique, ne saurait être mentalement ou physiquement séparée du paysage même de la rivière et de la vallée de l'Anglin... D'autres présentent des caractères de ville moins attachés aux territoires, et génèrent autour d'elles des types de paysages sans lien local identifiable.

L'extension en surface des principales agglomérations de Poitou-Charentes (comme ailleurs) tend à rattacher par le biais d'un "tissu urbain" lâche mais continu des zones d'habitat périphériques autrefois lointaines pour certaines. De vastes espaces changent ainsi très vite de statut. D'espace rural à espace "urbain" ou "urbanisé" (sans être vraiment "de la ville"), ces "zones périurbaines" au statut flou, voire fourre-tout, ne reposent sur aucun modèle ancien auquel se référer, d'où trop souvent leur banalisation. Si chaque ville, chaque bourg, chaque village a sa propre personnalité à conforter, celle-ci s'apprécie toujours dès l'extérieur, à travers la qualité des enchaînements de paysages traversés pour y accéder et parvenir en son centre.

Ces types de paysages concernent les principales agglomérations de Poitou-Charentes et concernent les secteurs suivants :

CES TYPES DE PAYSAGES
COMPRENNENT LES SECTEURS SUIVANTS :

    - Poitiers - Châtellerault

    801

      - La Rochelle

      802

        - Niort

        803

          - Angoulême

          804

            - Rochefort

            (805)
            - Saintes
            (806)
            - Cognac
            (807)

            L'AMBIANCE PAYSAGERE
            Les représentations : les modèles littéraires, picturaux...
            La perception sensible des paysages urbains
            Les paysages urbains dans le contexte régional
            L'analyse par motifs

            LES DYNAMIQUES
            ET ENJEUX DE PAYSAGE

            Les principales dynamiques des paysages urbains
            Le diagnostic paysager
            Les mesures en cours
            Quelques boîtes à idées

            Les Préfectures de département font principalement l'objet de ce chapitre. Pour Rochefort, Saintes et Cognac, les spécificités paysagères de chacune d'entre elles sont plus précisément renseignées dans les fiches relatives aux paysages qui les avoisinent.

            I -L'AMBIANCE PAYSAGERE
             
            I1 - LES REPRESENTATIONS : les modèles littéraires, picturaux…
              


            Dans un contexte où l’industrie touristique produit des représentations nombreuses qui s’inscrivent dans les esprits, la ville et son image évoluent très rapidement. Chacune des villes de Poitou-Charentes est ainsi associée à un paysage, à une(des) réalité(s) qui souvent, dépasse(ent) largement son cadre urbain.

            Poitiers et Châtellerault, villes anciennes, ont fait l’objet de nombreuses représentations, liées surtout au patrimoine architectural qu’elles accueillent. Poitiers en particulier, qui dispose d’un site propice aux vues d’ensemble et aux positions dominantes, a motivé les peintres, graveurs et photographes, qui ont pris position aux points de vue spectaculaires dominant la ville (Notre Dame des Dunes) et lui ont permis d’apparaître en paysage. De nos jours, un des sites les plus copieusement photographiés domine très largement la production iconographique : le Futuroscope et l’image de son architecture sont désormais associés fortement à l’idée de Poitiers, dont la représentation mentale commune est comme "recouverte" par la promotion du parc d’attraction.

            L’histoire de la ville et des personnages qui sont associés à la ville de Niort sont bien présents dans l’imaginaire. Mais peu d’images sont associées aux paysages, sinon le donjon, et de plus en plus (à nouveau), la Sèvres. Ce sont les paysages alentours qui sont plus facilement convoqués à l’évocation de Niort, en premier lieu le Marais Poitevin, dont Niort constitue la "porte". Cette position est revendiquée et annoncée.

            Des personnages et des évènements ont fortement et suffisamment marqué La Rochelle pour que bon nombre d'entre eux lui soient toujours associés - c'est par exemple la figure du Cardinal de Richelieu - ainsi que présents dans l'imaginaire et dans les représentations. À l'évocation de La Rochelle, apparaissent très fréquemment le Vieux Port et ses deux tours médiévales qui en encadrent l'entrée, la ville de pierre blanche aux rues à arcades, le secteur piéton, pionnier en France. L'ancienne place forte huguenote d'Aunis est aujourd'hui revendiquée comme l'une des villes les plus représentatives de la "qualité de vie à la française". La Rochelle figure aussi sur le plan des politiques urbaines comme la ville qui a le plus tôt en France appliqué des principes d'écologie urbaine : mise en valeur du patrimoine architectural, création du secteur piétonnier, invention des célèbres vélos jaunes… Elle a également lié son image à celles d'animations culturelles et sportives (Francofolies, Festival du Film, régates...) et entrepris un redéploiement économique autour des entreprises de service et de tourisme en réponse au marasme de son industrie traditionnelle (ferroviaire, construction navale, pêche).

            On ne peut parler des paysages d'Angoulême sans citer un auteur de marque, Honoré de Balzac, dans la première partie des "Illusions perdues", qui en évoque la silhouette : "... vieille ville bâtie au sommet d'une roche en pain de sucre, qui domine les prairies où se roule la Charente. Ce rocher tient vers le Périgord à une longue colline qu'il termine brusquement sur la route de Paris à Bordeaux, en formant une sorte de promontoire dessiné par trois pittoresques vallées. L'importance qu'avait cette ville au temps des guerres religieuses est attestée par ses remparts, ses portes et par les restes d'une forteresse assise sur le piton du rocher. ... Mais sa force d'autrefois constitue sa faiblesse d'aujourd'hui : en l'empêchant de s'étaler sur la Charente, ses remparts et la pente trop rapide du rocher l'ont condamnée à la plus funeste immobilité."

            Évoquant la répartition sociale entre la ville haute où la noblesse se cloître dans son immobilisme, et le faubourg de l'Houmeau, où la bourgeoisie développe industrie et négoce, Balzac explique de fait les dynamiques qui ont constitué la ville, s'appuyant sur la géographie du site : "Depuis longtemps, le bourg de l'Houmeau s'était agrandi comme une couche de champignons au pied du rocher et sur les bords de la rivière, le long de laquelle passe la grande route de Paris à Bordeaux. Personne n'ignore la célébrité des papeteries d'Angoulême, qui, depuis trois siècles, s'étaient forcément établies sur la Charente et sur ses affluents où elles trouvèrent des chutes d'eau. ... toutes les industries qui vivent par la route et par la rivière se groupèrent au bas d'Angoulême pour éviter les difficultés que présentent ses abords."

            La ville s'illustre aussi aujourd'hui comme une capitale de la bande dessinée ; le salon qu'elle organise, en filiation avec sa vieille tradition papetière, la replace chaque année sur le devant de la scène culturelle, et lui confère ainsi une nouvelle image de modernité.

              
             
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              I2 - LA PERCEPTION SENSIBLE DES PAYSAGES URBAINS
                


              Les villes de Poitou-Charentes, comme presque partout ailleurs, sont sorties depuis plus ou moins longtemps du site (du berceau) initial pour lequel elles étaient prévues. Ceci a eu pour effet d'atténuer la force d'un cadre paysager à l'origine probablement beaucoup plus perceptible. Mais l'ampleur des mouvements de reliefs et du maintien d'espaces libres peu propices à l'urbanisation parvient encore malgré tout à conserver des qualités (fragiles) propres à chacune.

              Il a été choisi de rassembler dans un même secteur une longue bande qui s’étend sur cinquante kilomètres de Poitiers jusqu’au nord de Châtellerault en passant par le Futuroscope, qui associe de façon quasi continue l’urbanisation et les infrastructures le long des vallées du Clain et de la Vienne. La perception de cette bande, pourtant peu épaisse mais associée aux parcours, est celle d’une agglomération étendue entre les deux villes historiques. L'axe Poitiers-Châtellerault déploie dans toute sa longueur les motifs habituels du développement urbain du XXème siècle.

              Les gros volumes bâtis successifs des zones périurbaines n'ont pas laissé la possibilité de maintenir des coupures d'urbanisation. La présence des éléments de nature et de paysage sont ainsi gommés.

              Les vallées, site initial du secteur, ne sont plus tellement lisibles en tant que paysage, et seuls les centres anciens et le parc d’attraction montrent des paysages construits spécifiques, le reste étant banalisé par le vocabulaire lancinant des zones périurbaines : zones commerciales, pavillonnaires, d’activités. Néanmoins, la rive droite du Clain, entre Poitiers et Châtellerault, échappe encore au phénomène et permet de bénéficier de quelques scènes où le paysage de la vallée apparaît.

              A Poitiers même, le site initial occasionne diverses compositions urbaines de qualité, tirant profit des positions spectaculaires procurées par les falaises des rivières. Le jardin de Blossac, notamment, procure des sensations de paysages au sein d’une vaste composition qui a su "artialiser" la géographie du support. Mais souvent, les falaises n’apparaissent que comme un potentiel pittoresque négligé, recouvert, annulé. Le site des Dunes, pourtant magnifié par l’iconographie, reste décevant dans la pratique car peu accessible au public.

              Les villes mettent en scène les éléments naturels du paysage

              Si à Niort, les ambiances proprement urbaines dominent, quelques sites liés à la Sèvre niortaise - berceau initial de la ville - (re)mettent réellement en scène cet élément fondateur du paysage. Sinon, c’est la relation avec les paysages alentours et variés qui caractérise pour l’essentiel les sensations paysagères.

              Leurs qualités paysagères s'affirment à travers la force et la diversité d'ambiances, d'échelles et de couleurs qu'elles composent.

              Les ambiances de La Rochelle sont celles d'un port dont les trois sites principaux correspondent chacun à un environnement particulier : le Vieux Port dévoilé au-delà des remparts et des deux tours de pierre d'un blanc crémeux forme comme le miroir dans lequel se reflète la ville aux façades parfaitement alignées. Il bruit de la clameur des passants et touristes et s'anime de la circulation des bus de mer. Les Minimes qui constitue l'un des plus grand ports de plaisance d'Europe ainsi que le quartier contemporain du Gabut mimant les architectures scandinaves, tintent du choc lancinant des drisses sur les mâts métalliques. La Pallice, aux proportions gigantesques formées d'esplanades ponctuées des silhouettes énormes des silos, des grues et des cargos porte-conteneurs minéraliers et pétroliers et entouré d'une ville neuve et morne de grands ensembles.

              La ville s'établit sur le territoire et se construit au regard de préoccupations stratégiques : défensives, économiques… Cette préoccupation imprime à celle-ci un caractère paysager propre : Angoulême, Rochefort…

              La ville d'Angoulême a tiré profit de son site exceptionnel - une hauteur rocheuse dominant les vallées de la Charente, de la Touvre et de l'Anguienne - pour assurer sa protection dans l'histoire. Elle nous offre aujourd'hui le plaisir de parcours urbains d'une qualité rare : au travers de ses places ouvertes sur l'horizon et qui accueillent, au cœur de la ville haute, l'espace qui l'environne ; le long de ses rues qui enveloppent la colline dans leur montée, ou qui font balcon sur les vallées, depuis le haut des remparts.

              On cherche aujourd'hui ces prairies "où se roule la Charente", que dominait la ville du temps des "Illusions perdues". Et l'on regrette un peu la qualité médiocre d'une banlieue qui s'est étirée sans beaucoup de retenue, le long des vallées ou des axes de communication et qui constitue aujourd'hui le paysage que ces panoramas donnent à voir.

              Ce n'est sans doute pas un hasard si les arbres ont pu se développer librement, devant ce jardin en balcon sur la Charente, près de la Place du Palet : son large panorama, dont témoigne une carte postale ancienne, s'est réduit à quelques fenêtres, en l'espace d'une soixantaine d'années.

              Si Angoulême a aujourd'hui sa banlieue sur fond de coteaux boisés pour paysage, à l'inverse, la ville haute constitue un point focal du paysage depuis les coteaux de Charente. Le relief du site détermine différentes façons d'appréhender la ville : par l'ouest vers lequel elle se tourne et qui offre de beaux points de vue sur la ville avant d'y accéder, ou par l'est, son "revers", par la traversée des faubourgs qui prolongent la ville à l'arrière de l'éperon.

              La localisation du site, à la rencontre des grands types de paysages régionaux, offrent autant de façon d'approcher l'agglomération : par les vallonnements boisés des côtes de l'angoumois au sud-est, par le pays du karst et ses grands massifs forestiers à l'est, par le Val d'angoumois où s'écoule la Charente en de multiples ramifications au nord, par les terres de polyculture où la vigne prend place peu à peu à l'ouest.

              Riche de cette diversité, l'agglomération d'Angoulême profite heureusement d'un site suffisamment fort, où l'eau, le relief et les boisements ont servi souvent de limite naturelle à l'urbanisation. Son extension diffuse dans les communes périphériques reste néanmoins réelle, leur faisant perdre progressivement leur caractère rural et rendant plus floues les limites de la ville.

                
               
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                I3 -LES PAYSAGES URBAINS DANS LE CONTEXTE REGIONAL
                  


                A - LES FRANGES OU L'IMPORTANCE DE LA NATURE DES CONTACTS ENTRE SECTEURS PAYSAGERS

                Le développement urbain de la plupart des agglomérations de Poitou-Charentes occupe l’axe des vallées, mais en déborde aussi (sans projet lisible) sur les paysages adjacents.

                Une étoile de vallées rayonne autour de Poitiers, interrompues par les plateaux des terres de brandes, la plaine de Neuville. Le développement de Poitiers après la guerre a comme crevé la poche initiale du site de la ville et les développements récents ont dépassé tous les seuils qui auraient permis une lecture différenciée de l’urbain et du non urbain. Sans coupures d’urbanisation, l’ensemble n’autorise plus que faiblement la compréhension du territoire où se loge l’agglomération.

                De façon plus nette encore, Niort se situe à la rencontre de diverses typologies de paysages, ce qui explique en partie son essor en tant que lieu d’échanges des produits variés produits autour d’elle : le Marais poitevin, à l’ouest, prolonge la vallée de la Sèvre et propose ses ambiances extrêmement typées dont la ville a su tirer profit en s’annonçant d'ailleurs comme "porte du marais" ; les panneaux routiers et les dépliants publicitaires en témoignent. De part et d’autre de la Venise verte proprement dite, une écharpe bocagère interpose ses ambiances et se prolonge vers l’est, évitant que l’agglomération ne se trouve directement en contact avec les plaines de Saintonge et de l’Aunis.

                Pour l’essentiel, la ville et ses extensions se situent au voisinage de la longue plaine de Niort, vers laquelle se développent certains des "tentacules urbains" qui n’ont pas encore su poser de limites à leur développement. Ainsi la ville semble se "déverser" dans la plaine considérée comme une page vierge faute d’un degré suffisant de pittoresque pour apparaître comme un paysage à respecter.

                Mais les environs de Niort sont aussi fortement marqués par les espaces et les paysages plus caractérisés des vallées : vallée de la Sèvre Niortaise qui forme une grande boucle en périphérie de la ville, en position idéale de constitution d’une "ceinture verte", et vallée du Lambon à l’est. Du fait des sites plus pittoresques, c’est là que se développe actuellement de préférence l’urbanisation résidentielle de l’agglomération. Dans les interstices entre les vallées et la ville, la plaine perd plus ou moins son caractère agricole dégagé, en même temps que son échelle.

                Angoulême multiplie les rencontres de paysages : proche voisine du Limousin et du Périgord, limitrophe du territoire de l'ancienne Forêt d'Argenson - qui partageait autrefois le territoire de la région entre Pictons au nord et Santons au sud - centre d'un réseau hydrographique dense confluant vers la Charente, territoire de rencontre entre les terres boisées de l'est et du sud et les terres de vignobles de l'ouest... Autant de raisons qui ont fait d'Angoulême une ville de passage, et définissent son territoire comme un espace de transition. Les vallées creusant l'Angoumois et, conjointement, les axes routiers convergeant vers Angoulême, sont vecteurs d'un développement urbain qui étire "en doigts de gant" l'agglomération vers les secteurs voisins. Au-delà de cette continuité urbaine, l'influence d'Angoulême se fait sentir dans l'expansion de certaines communes proches.

                Exceptions de La Rochelle et de Rochefort aux paysages plats…

                Alors que le paysage plat de la plaine d'Aunis ne semble pas poser de limites au développement urbain (il absorbe les communes rurales voisines dans un type de paysage homogène pavillonnaire), la ville de Rochefort a su interrompre son extension sur les marais. Dans l'approche urbaine de La Rochelle, les points de repère sont la voie ferrée et le paysage qu'elle impose, le Parc Charruyer qui annonce le centre-ville, la Place de Verdun dont la dimension d'esplanade et la fonction de parking sont à l'échelle de l'agglomération.

                B - UNE IMAGE DE LA REGION DEPUIS LE RESEAU ROUTIER OU L'IMPACT DES PAYSAGESURBAINS DANS LA PERCEPTION REGIONALE

                Le contournement des agglomérations, s'il fluidifie les transports, cantonne la vision que l'on en a aux univers périurbains peu identitaires.
                La dimension de ces infrastructures elles-mêmes, de type autoroutier, remet en cause les différentes perceptions d'échelles successives et traditionnelles d'approche des villes. Des points de vue ponctuels apparaissent néanmoins.

                L’axe Poitiers-Châtellerault s’est urbanisé en fonction d’un faisceau d’infrastructures de liaison internationale entre Paris et l’Espagne : RN10, TGV Paris-Bordeaux, Autoroute A10 suivent le cours des vallées et construisent l’armature fonctionnelle qui a permis le développement de l’agglomération. Les travaux de contournement et l’écart pris par l’autoroute impliquent cependant que les usagers passent loin des centres villes et ne constatent à leur approche que les univers périurbains.

                La Rochelle est reliée à Poitiers par deux itinéraires : la RN 13 - E601 au nord et la D 939 au sud qui passe par Surgères et dont le tracé est longé par la voie du TGV. Au sud, la liaison avec Rochefort par la N 137 est de dimension et d'infrastructure de type autoroutier. Elle franchit en remblai, tout au long de son parcours, les marais d'Yves et de Chatelaillon. Une rocade Est referme l'arc urbain et se prolonge en direction de l'île de Ré.

                L'agglomération d'Angoulême est traversée par la RN 10 et la RN 141, qui contournent la ville par l'ouest, en passant par Ruelle-sur-Touvre, Le Gond-Pontouvre, Saint-Yrieix, Saint-Michel et La Couronne, et en franchissant la boucle de la Charente. Ces accès offrent quelques beaux points de vue sur la ville haute depuis les coteaux qui lui font face, notamment sur la RN 141.

                En outre, la dilution des entrées de villes, en particulier dans la plaine, ne contribue pas à donner une image valorisante de celles-ci.

                La principale "entrée de ville" de l'agglomération de Niort s'effectue dans la plaine, depuis l'A10 et la RN11. Celle-ci présente de longues sections droites formant des perspectives. Cependant, et malgré la présence de quelques beaux alignements (plutôt rares dans la région), les développements des dernières décennies ne présentent pas de caractère singulier et répètent le vocabulaire ennuyeux des établissements commerciaux et d’activités que l’on retrouve partout. On note la présence des nombreuses sociétés d’assurance, dont l’architecture qui semble dater pour tous les établissements de la même époque des années 70 et 80, ne marque pas une qualité notable et surtout ne donne pas de caractère à l’espace public : ce ne sont que des objets dont la répétition n’est pas en mesure de constituer un paysage. On remarque également l’étirement des développements le long de la Nationale, en direction de La Crèche, sans parvenir à sentir la limite de l’agglomération. De même, la jonction des axes est et sud de La Rochelle, avec la rocade de ceinture, a donné lieu à la croissance de zones commerciales dont la banalité tapageuse ne singularise guère quelque qualité d'entrée de ville.

                La silhouette urbaine n'apparaît souvent que furtivement depuis le réseau routier ; le train, qui se libère de la prégnance urbaine, fait découvrir avec plus de netteté les entités paysagères.

                La Rochelle : aux abords de L'Houmeau, sur les hauteurs des falaises de Pampin (Départementales 105 ou 106), la silhouette rochelaise s'impose, prolongée par les installations portuaires de La Pallice, le pont de l'île de Ré, le quartier d'immeubles de Saint Maurice. Le changement d'axe du parcours ferroviaire, à la hauteur de Chassenier fait percevoir la gare et les tours du Vieux Port pourtant à plusieurs kilomètres de distance, au fond de l'échancrure du marais de Tasdon.

                Les obligations de relief imposent des modes d'accès et de lecture propres à chaque ville.

                À Angoulême, au système circulaire, induit par le site de la vieille ville et par les remparts, se surajoutent différents niveaux de voies de contournement concentriques, dont la butte d'Angoulême est le pivot. L'agglomération ne se traverse pas en ligne droite de part en part. Il en résulte une façon particulière d'accéder au cœur de la ville - ou à l'inverse de le quitter - par des contournements qui désorientent parfois, mais font varier les points de vue sur l'ensemble du site.

                La situation de Poitiers est proche ; à ceci près que l'un des axes majeurs d'entrée (entrée sud) s'effectue en ligne droite, sur la crête séparant les deux vallées du Clain et de La Boivre.

                C - LES PRINCIPAUX POINTS DE VUE SUR LES PAYSAGES URBAINS

                De la quasi absence à la diversité de points de vue.

                A la différence d’Angoulême ou Poitiers, le site de la ville de Niort permet peu de disposer de points de vue offrant une vue d’ensemble, à l'exception des points de vue extérieurs (depuis les directions de Villiers-en-Plaine, de Fontenay-le-Comte ou de Saint-Jean d'Angély).

                Ils sont assez rares également pour Poitiers-Châtellerault malgré le relief prononcé des vallées. Il faut cependant citer à nouveau les Dunes et Blossac pour Poitiers, et bien sûr les rivières elles-mêmes qui forment par leur dégagement et leur position centrale un point de vue de référence. Le fait qu’elles ne soient pas navigables a cependant impliqué l’absence de parcours systématique le long des berges, qui dans d’autres villes, constituent des axes privilégiés de promenade et de découverte.

                Si le site de la ville de La Rochelle ne permet pas de disposer de point de vue d'ensemble, le dos du croissant rochelais s'impose notablement au regard depuis la pointe du Chay, au sud. L'ensemble de l'arc urbain se dévoile, enroulé autour de son port ainsi que depuis L'Houmeau sur les hauteurs des falaises de Pampin. Dans un point de vue plus proche, c'est depuis la pointe des Minimes que le front maritime de la ville se contemple. De la Tour de la Lanterne, ouverte à la visite, et des tours Saint Nicolas et de la Chaîne, parfois accessibles, le regard embrasse la totalité de l'agglomération dans un point de vue privilégié.

                La topographie complexe du site de l'agglomération d'Angoulême induit une richesse réelle et potentielle de points de vue élevés. Les remparts d'Angoulême, comme les collines environnant la ville, sont des lieux privilégiés de découverte du territoire sur lequel la ville a étendu son agglomération récente. Ce sont des lieux de perception réciproque, l'un constituant le paysage de l'autre : dominant les vallées qui l'enserrent, la ville haute est visible de loin. Elle constitue le pivot du paysage d'ensemble de l'agglomération depuis les coteaux. A l'inverse, ceux-ci constituent l'enveloppe boisée de l'agglomération vue depuis les remparts de la ville.

                  
                 
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                I4 - L'ANALYSE PAR MOTIFS
                  


                A - LE RELIEF ET LES ROCHES

                Des sites dessinés par le relief.

                À Poitiers, le Clain et la Boivre ont découpé dans les plateaux des falaises vigoureuses, créant à leur confluent un bastion naturel. Les positions dominantes de la ville ancienne y gagnent en force, et autorisent de larges vues. Les falaises elles-mêmes laissent apparaître la roche, comme une sauvagerie initiale en pleine ville. Cependant celle ci n’est que trop rarement mise en scène : le plus souvent, les parois sont devancées par l’architecture qui n’a pas su ménager des "fenêtres" valorisantes. Les apparitions de la roche restent fortuites, dans les failles du bâti, comme honteuses.

                Le secteur de la gare en particulier (c’est à dire la vallées de la Boivre) laisse un sentiment de site gâché par de trop hautes et disparates façades. La vallée du Clain est plus chanceuse, avec la magistrale mise en scène de Blossac dont les remparts reprennent la verticalité des falaises.

                La falaise est réellement lisible au niveau de quelques scènes en aval (au-dessus de maisons anciennes), et à la sortie nord de la ville (le Porteau). Plus en aval encore de Poitiers, les mouvements s’adoucissent. Châtellerault ne présente pas les falaises de sa voisine, mais bénéficie en revanche des horizons animés que lui procurent les collines du tuffeau. Entre les deux villes, la traversée des terres de brandes et de la plaine de Neuville présente moins de caractères de relief.

                Le promontoire rocheux de la vieille ville d'Angoulême domine la Charente au cœur d'une série de vallées parallèles orientées nord-ouest / sud-est, creusant le sol calcaire de la plaine haute d'angoumois et des côtes de l'angoumois et affluant vers la vallée de la Charente. Le relief s'étage ainsi de hauteurs avoisinant les 130 mètres, à moins de 30 mètres sur le fond plat de la vallée de la Charente.

                Selon les ondulations capricieuses (boucles) de la Sèvre et les "collines" qui l'encadrent, l'ensemble de la vallée forme le site initial de la ville et le relief de référence de Niort, que l'on retrouve dans la pente des rues. La compacité du "gâteau" de la ville ancienne de La Rochelle, le poids et la magnificence de son architecture de pierre évoquent bien le socle ferme sur lequel on l'édifia primitivement. La planimétrie des rues renvoie à l'image des basses terres et des marais qui entourent la ville.

                B - L'EAU ET SES MANIFESTATIONS

                L'eau, si conduite que parfois recouverte et oubliée, constitue pourtant le fil de lecture et de compréhension de la ville. L'une des substances majeures de son appréciation.

                Les rivières constituent à Poitiers les axes principaux des unités de perception. Cependant, à part dans le centres ville proprement dit (et encore, la Boivre a comme disparu du centre de Poitiers), elles ne sont que peu accessibles et ne participent pas du tout aux espaces récemment développés. Le Futuroscope, par exemple, n’instaure aucune relation avec le Clain tout proche. La base de loisirs de Saint-Cyr en revanche tire profit d’un vaste plan d’eau dans la vallée du Clain : elle constitue d'ailleurs l'une des rares scènes unissant l’eau et le mouvement de relief de la vallée.

                La Sèvre, à Niort, présente quelques motifs de plans d’eau qui participent activement aux paysages urbains. Son cours revêt une importance considérable dans la continuité des espaces depuis la ville vers ses paysages environnants : le marais en aval, la plaine, et plus loin, la Gâtine et Saint Maixent en amont. Son cours forme également sur quelques séquences la limite de l’urbanisation, assurant alors une claire lisibilité des espaces.

                Au fil de l'eau et de ses ambiances spécifiques, des scènes s'enchaînent et composent des espaces urbains à l'identité forte, à la qualité paysagère certaine.

                L'avant Port, le Vieux Port, le bassin de retenue au débouché du canal de Marans, les bassins à flot du Gabut, constituent un paysage d'eau intérieur à la ville de La Rochelle, fait de pièces cloisonnées aux ambiances toutes différentes. Le débouché du canal de Marans sur le Vieux Port offre un paysage singulier aux allures flamandes avec ses écluses et passerelles et ses longs quais revêtus de pierre. Bassins et bras du canal entourent le quartier Saint Nicolas et semblent lui conférer autonomie face à la ville. Vers l'extérieur, le marais de Tasdon sépare Aytré de La Rochelle. Il forme une poche profonde bordée par Villeneuve-les-Salines et fermée par la nef de la gare ferroviaire, dont la tour-horloge qui évoque un phare est visible à plusieurs kilomètres de distance. Les canaux de drainage des anciens fossés du front ouest des remparts organisent - à l'occasion du Parc Charruyer notamment - un motif pittoresque au centre de l'agglomération.

                L'agglomération d'Angoulême est le lieu de confluence avec la Charente de plusieurs rivières : la Nouère au nord, et d'est en ouest la Touvre, l'Anguienne, les Eaux-Claires, la Charraux et la Boëme.

                Ces cours d'eau ont fait en partie l'histoire d'Angoulême et de son pays : la Charente, comme voie navigable et pour la qualité de ses eaux (affluents inclus). Ils sont à l'origine du développement de la fabrication du papier et de la fonderie.

                C - LA VEGETATION

                À la ville n'est pas associée de végétation particulière. Les parcs et autres espaces publics (voire privés) parviennent à imprimer une certaine identité.

                L'association historique (et imaginaire) d'une végétation à une ville existe cependant à Rochefort avec le Bégonia, et plus largement l'introduction de plantes exotiques ramenés des grandes traversées (palmiers, tulipiers de Virginie…), réinvestis en outre dans le Jardin des Retours à La Corderie Royale par Bernard Lassus, paysagiste.

                En dehors de la végétation des jardins et des espaces urbains (alignements, mails) qui ne présente pas de spécificité, on remarque surtout, en frange sud de Niort, le paysage très singulier formé par le marais boisé, le maintien de frênes têtards ou de saules dans les aménagements d'espaces (publics, privés ou collectifs) contemporains. Ces motifs végétaux "signent" pleinement le caractère revendiqué de "porte du marais".

                Dans un secteur urbanisé comme Poitiers-Châtellerault, aucun motif de végétation ne s’impose. On ne peut pas non plus associer les infrastructures aux grands alignements qui marquent certaines d’entre elles par ailleurs. Il faut cependant citer les jardins, dont le rôle dans les villes consiste à mettre en scène les sites (Blossac) et assurer la présence de la végétation. La composition très botanique du Jardin des Plantes de Poitiers est tout à fait remarquable. Les jardins privés nombreux à Poitiers et leur cortège d’ambiances liées aux reliefs (terrasses) et aux clôtures (des murets souvent), instaurent des ambiances végétales très présentes au niveau des coteaux. La végétation naturelle des coteaux confère à Poitiers et Angoulême des éléments de qualité urbaine précieux.

                Des alignements d'arbres, des mails soulignent d'anciens tracés, tel celui de remparts ou autres fortifications, et permet de conserver - outre une qualité de cadre de vie - une composition paysagère de qualité.

                Le Parc Charruyer à La Rochelle, tout comme les mails, alignements et jardins à Angoulême, reprennent ainsi les tracés des anciennes fortifications. Ils forment de longs rubans de verdure aménagés pour la promenade qui participent de la qualité de vie urbaine.

                Le parc Charruyer forme un écrin boisé parcouru par des ruisseaux "autour" de la ville de pierre, et procure un fort contraste avec les paysages urbain et maritime limitrophes. Le Mail de La Rochelle constitue l'une des plus belles promenades de la ville : boulingrin de 800 m de long bordé d'alignements de pins maritimes et de chênes verts, il remonte depuis la plage de la Concurrence jusqu'à dépasser le Casino, après lequel il longe un boisement de chênes verts surplombant la falaise.

                D - LE BATI, LES MOTIFS CONSTRUITS

                Le cadre d’étude de l’atlas ne permet pas de détailler le rôle des ambiances urbaines qui s’imposent à ces secteurs. L'architecture et l'urbanisme en déterminent principalement les caractères.

                Des éléments bâtis se distinguent visuellement dans le paysage et/ou par leur caractère emblématique

                À Poitiers, on citera les tours des quartiers de logement des Couronneries, qui apparaissant à l’horizon comme des signaux de la ville, les châteaux de la vallée du Clain qui marquent encore le cours de rivière, ou les caractères appuyés des bâtiments du Futuroscope, comme quelques balises dans une approche qui mérite une étude plus approfondie. Liés au paysage plus intimement, on citera le pont Henri IV à Châtellerault, les maisons plus ou moins troglodytes des falaises de Poitiers. La Rochelle conserve un patrimoine bâti du XVIe et XVIIIe siècle d'une exceptionnelle qualité. Le Vieux Port et ses tours sont l'icône de la cité rochelaise. Aux abords du mail et du casino, on trouve quelques spectaculaires exemples d'architecture balnéaire du début du XXe siècle. La Pallice est le lieu du gigantisme dans un paysage fantomatique de quais et de silos. Les Minimes sont sur la rive Sud de la baie, le lieu d'édification d'un grand port de plaisance accompagné d'une architecture vacancière ; et le quartier du Gabut évoqué ci-dessus avec son architecture si singulière. À leur jonction s'édifie un quartier à vocation de grands équipements : IUT, École de Commerce, et autres services qui s'expriment par des architectures contemporaines monumentales.

                Sur son piton rocheux, la vieille ville d'Angoulême, entourée de remparts, constitue le motif central très fort de l'agglomération. Autour se déclinent les motifs communs : "cités", lotissements (...) qui concrétionnent progressivement le long d'axes de communication, extensions qui peu à peu se rejoignent. Les motifs architecturaux liées à l'industrie du papier et ses dérivés - moulins, usines,...- sont répartis sur différents endroits de l'agglomération, où ils témoignent encore de la mémoire industrielle et artisanale de l'Angoumois.

                L'identité des faubourgs.

                Les faubourgs de Poitiers sont installés sur les versants extérieurs des vallées. Derrière la ligne de façades, des jardins en terrasse se succèdent (Pont Neuf, Les Dunes…).

                Les faubourgs rochelais, plutôt pavillonnaires, comportent quelques secteurs construits de tours et barres, la plupart de piètre facture, avec toutefois quelques spécimens plus intéressants à connotation "maritime".

                  
                 
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                  II -LES DYNAMIQUES ET ENJEUX DE PAYSAGE
                    
                   
                  II1 - LES PRINCIPALES DYNAMIQUES DES PAYSAGES URBAINS
                    


                  Le boom urbain d'après-guerre.

                  L'histoire de l'urbanisation serait à détailler pour chacune des principales villes de la région. L’explosion de la construction et du logement, depuis le dernière guerre a abouti à la quasi-continuité urbaine de chacune. Le développement des infrastructures et l'usage généralisé de l'automobile l'ont fortement déterminé. Bretelles, voies rapides et de contournement constituent une réalité urbaine toujours d'actualité, aussi les paysages ruraux péri urbains ont ils connu des évolutions très sensibles : grignotage des terres agricoles lié à la périurbanisation (notamment autour de l'axe Poitiers-Châtellerault), l'extension du réseau routier et l'aménagement de grands ouvrages.

                  L'élargissement des aires d'influences urbaines aux territoires est particulièrement frappante à Poitiersavec la création du Futuroscope.

                  La ceinture périurbaine très étalée concentre la croissance démographique, au détriment de la ville-centre. Les implications tant au niveau de l'évolution du paysage que du fonctionnement de l'espace sont fortes, en particulier aux sorties de ville.

                  Poitiers-Châtellerault continue de se développer, le long de son axe initial, et déborde au-delà des limites dessinées par les vallées ou les infrastructures. L’autoroute ne semble pas avoir été considérée comme une limite identifiable, comme le prouvent les extensions de Migné-Auxances ou les velléités de développement du Futuroscope vers Neuville.

                  À Niort, que ce soit le long de la RN11 vers Poitiers au nord-est et vers La Rochelle au sud-ouest, de la RN150 vers Saintes au sud, de la RN148 vers Fontenay-le-Comte au nord ouest, l'éparpillement des établissements industriels ou commerciaux est de plus en plus sensible.

                  Cette évolution doit certainement faire l'objet d'une réflexion : un paysage industriel dont l'identité a été "pensée" et dont l'emprise spatiale a été délimitée est certainement préférable à la formation d'un paysage industriel "spontané", obéissant aux seuls impératifs économiques, et dont la tendance naturelle est de se diluer sur des territoires au détriment de leur identité.

                  Cette nécessité d'un aménagement paysager et spatial "pensé", concerne également les communes périurbaines de l'agglomération de Niort. La densification des espaces résidentiels périurbains et l'avancée du front périurbain sur des terres autrefois agricoles doivent être accompagnées d'un projet d'aménagement paysager et spatial visant à limiter, là encore, la dilution et un étalement résidentiels exagérés, sans cohésion et donc sans identité.

                  La problématique paysagère urbaine concerne de vastes territoires

                  L’actualité territoriale de Niort est très sensible dans la mesure où de nombreux projets notamment d’infrastructure vont créer des dynamiques très fortes, dont les conséquences sur les paysages seront déterminantes pour l’image de l’agglomération, en particulier quant à la qualité et à la nature des "fronts urbains" (zones de contact ville -"campagne"). Cela concerne :

                  - vers le marais, Magné, en progression démographique forte,
                  - vers la plaine au nord et à l’est, (axe RN11 vers St-Maixent, raccordement d l’A83), le long de la Sèvre et du Lambon,
                  - vers les plaines et les bocages au Sud (Épannes, Prahecq…).

                  À La Rochelle, les évolutions sont rapides le long de la RN137 vers Rochefort au sud et le long de l'A810 vers Niort.

                  À Angoulême, le développement de zones industrielles et commerciales le long de la RN141 et de la RN10 entre dans une dynamique similaire. La ville d’Angoulême se développe rapidement, et sa périphérie plus encore. Les éléments prépondérants de l'évolution urbaine des deux dernières décennies sont le développement d'un habitat pavillonnaire diffus, et l'échelle de sa diffusion, qui touche les sites ruraux avoisinants, et de plus en plus de communes éloignées du centre, y paralyse progressivement l'activité agricole. Si les communes jouxtant Angoulême semblent marquer une pose dans leur développement sur l'axe nord-est / sud-ouest (Le Gond-Pontouvre, L'Isle d'Espagnac, Ruelle et Magnac sur Touvre au-delà ; Soyaux, Saint-Michel, Nersac, La Couronne), les communes de l'axe nord-ouest / sud-est sont en croissance, et tout particulièrement Puymoyen et Torsac. La couronne des commune en croissance s'élargit de plus en plus.

                    
                   
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                  II2 - LE DIAGNOSTIC PAYSAGER
                    
                  A - ATOUTS ET FAIBLESSES

                  Dans la mesure où les motifs de la géographie et de la campagne sont d’ores et déjà recouverts sur l'axe Poitiers-Châtellerault, on serait tenté de dire que "le mal est fait".

                  La moindre ligne pavillonnaire n'ayant pas fait l'objet de précautions, soit en terme de protection des coupures d’urbanisation, soit en terme de mises en scènes spécifiques. L’intérêt paysager du secteur reste attaché aux centres anciens, où site et architecture se mêlent en scènes synthétiques.

                  Niort, qui dispose d’un bel éventail de paysages divers autour d’elle et qui n’a pas connu d’extension destructrice gagne en atout touristique de valeur (déjà reconnu) : le marais. Mais elle est exposée aujourd’hui à un tournant décisif de son développement ; on peut douter de la réelle prise en compte du paysage dans les travaux routiers imminents (et en cours), l’agglomération ne disposant pas de document de planification susceptible d’orienter correctement la composition de l’espace.

                  Les problématiques paysagères de La Rochelle sont un peu différentes puisque le site lui-même impose sa polarité : il encourage la ville à se tourner vers la mer et à présenter ses arrières à la découverte depuis les voies terrestres. L'extension de l'agglomération qui s'est faite comme souvent ces dernières décennies au plus facile, s'étalant sans retenue sur le plateau et les marais, a tout à gagner de réflexions de planification encourageant le développement urbain "en doigt de gant" propre à multiplier et enrichir les contacts paysagers de l'agglomération avec la plaine…

                  L'agglomération d'Angoulême profite d'un site exceptionnel, tant dans sa morphologie que dans sa localisation : il lui offre une grande richesse de paysages, autour de la vieille ville d'Angoulême et au cœur des transitions régionales. La Charente et ses affluents apportent, avec ce qu'ils ont généré au cours de l'histoire de la ville et de son développement (patrimoine industriel lié à l'industrie papetière), l'atout complémentaire de la présence d'éléments naturels au cœur de l'agglomération (cours d'eau, coteaux boisés,...). Malgré la diffusion de l'urbanisation, des paysages au caractère rural marqué se trouvent encore relativement près du centre. Néanmoins, l'extension de l'agglomération de ces dernières décennies s'est trop souvent réalisée en étalement sans retenue sur le plat des vallées ou le long des axes de communication. La partie Est de l'agglomération d'Angoulême n’a pas de relation avec son paysage : du fait de sa situation au "revers" de la ville, sa relation avec le site d'ensemble est d'emblée moins forte, moins valorisante. Il serait nécessaire de l’aborder micro-site par micro-site. Certains quartiers de la ville basse souffrent aussi d'une déconnexion d'avec le site dans lequel ils ont pris place, et les voies de circulation importantes ne contribuent pas à la réunification du tissu urbain. Si une action quartier par quartier, amorcée par la commune, semble nécessaire, il est important qu'elle se situe dans un plan urbain et paysager global, incluant entre autre une réflexion sur le réseau de circulation communal et intercommunal.

                  B - MENACES

                  Ne pas reconnaître le rôle paysager de secteurs encore épargnés

                  Le contraste "urbain - non-urbain" de la vallée du Clain constitue (toujours) un élément fort de caractérisation paysagère.

                  La lecture de la vallée du Clain sur l'axe Poitiers-Châtellerault est encore effective en rive droite. L’infrastructure projetée sur celle-ci en aval de Poitiers - qui sur le plan d'un bon fonctionnement en terme de déplacements n'est pas ici à remettre en cause - porte le risque d’un déversement sur des zones campagnardes et d'espaces naturels d'une qualité rare aux abords immédiats d’une ville. Par ailleurs, aucune précaution visible ne semble commander les évolutions vers les plaines à l’ouest de l’Autoroute.

                  Le long des axes, les ruptures d'urbanisation restent déterminantes…

                  La progression urbaine et des infrastructures vient toucher les divers paysages des alentours de Niort. Les "menaces" actuelles sont relatives aux paysages naturels (vallées) et à l’instauration d’une continuité urbaine (même peu épaisse) vers Saint-Maixent, au risque de recouper et rendre confuse la lecture des unités de paysage encore lisibles.

                  Ce phénomène s’est déjà produit entre Poitiers et Châtellerault, il serait dommage de le voir se répéter ici. Vers les plaines, l’instauration d’une limite franche et lisible reste à établir pour faciliter l’articulation de la ville avec les paysages d’openfields et une valorisation mutuelle.

                  Le front urbain, ses découpes, la nature de son contact avec les espaces agricoles, la lisibilité des limites, la continuité des espaces vers l’amont et l’aval de la vallée de la Sèvre, c’est à dire une partie très important de l’image de l’agglomération et de la qualité du cadre de vie de ses habitants, sont ainsi menacés de banalisation, de coupures, d’illisibilité. Les risques sont aggravés par le relief assez plat de la région, qui soumet tous les paysages à l’influence des premiers plans qui se présentent à l’observateur, et qui peuvent sur une faible distance faire basculer la qualité des espaces.

                  L'absence d'une gestion adaptée (et de coordination des usages) aux espaces intermédiaires, aux lieux de contact, aux lieux de transition est problématique en terme de paysage.

                  Engagées ces dernières décennies, la dégradation, la destructuration des espaces de périphérie de La Rochelle par l'urbanisation sur la plaine et le long des axes de communication, entraînent une perte d'identité des espaces ruraux, par la confusion des limites entre "zones naturelles" et bâties. Des espaces résiduels non bâtis, ingérables comme espaces agricoles ont un statut à redéfinir. Urbanisations de fonds de vallées, diffusion lâche de l'habitat sur les plateaux, mitage des coteaux boisés autour d'Angoulême entrent dans une problématique similaire.

                  C - ORIENTATIONS ENVISAGEABLES

                  L'intercommunalité joue désormais un rôle décisif dans la qualité des paysages urbains et périurbains.
                  Objectif : redonner forme à ces nouveaux espaces…

                  La spécificité paysagère de l'espace littoral La Rochelle - Rochefort est d'être parfaitement identifiable sur la façade atlantique française entre les côtes bretonnes et vendéennes et les côtes aquitaines. Le paysage doit donc être considéré comme une valeur ajoutée participant à la qualité de vie reconnue et recherchée des deux agglomérations ; et contribuant à affirmer la position de l'espace La Rochelle - Rochefort sur le littoral Atlantique. Les agglomérations doivent s'appuyer sur leurs paysages pour faire des choix dans l'organisation et l'occupation de leur territoire, y compris de l'une à l'autre.

                  Le réseau viaire doit être considéré comme lieu de paysage, comme élément de compréhension du territoire et des liens qu'il y instaure, plus que comme simple vecteur de développement urbain. Le choix des lieux de développement de l'habitat, des zones d'activités et d'équipements doit se faire à l'échelle de l'agglomération urbaine, dans le souci d'une économie des espaces "naturels", - espaces de loisirs et de respiration - et du maintien de coupures d'urbanisation, permettant de préserver l'identité des différentes entités qui composent l'agglomération. Une continuité d'espaces non bâtis doit être assurée, permettant par exemple de valoriser le contact avec la grande Plaine d'Aunis..

                  La richesse paysagère de l'agglomération d'Angoulême doit être perçue comme un patrimoine à préserver, et aussi, de façon plus dynamique, comme support pour un développement urbain raisonné, fort de cette diversité. Une continuité d'espaces non bâtis doit être assurée, permettant par exemple de valoriser la pénétration, au cœur de l'agglomération, des éléments structurants du paysage que sont les vallées. Plateau, coteaux, fonds de vallée, rivières, boisements, dégagements visuels, relation plus ou moins forte avec la ville haute d'Angoulême, avec la campagne, doivent être pris en compte, comme éléments constitutifs du paysage, et comme références pour donner forme à ces nouveaux espaces urbains.

                    
                   
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                  II3 - LES MESURES EN COURS
                    


                  Planification territoriale

                  Un schéma Directeur et une Charte d’environnement sont élaborés pour l'agglomération de La Rochelle.

                  La Communauté de Communes du Pays Rochefortais et la Communauté de Villes de l'agglomération de La Rochelle s'associent au sein d'une Charte d'Objectifs La Rochelle - Rochefort.

                  Elles décident par ce biais de coopérer sur toutes les questions ayant trait à l'aménagement et au développement de l'ensemble de 200 000 habitants qu'elles constituent. Les deux agglomérations mènent des actions liées à l'environnement et possèdent en la matière une réputation de pionnières.

                  Grands projets à forts impacts paysagers

                  Des projets de contournement routiers à l’est de Poitiers et de Châtellerault sont en cours. Ils représentent un enjeu pour la mise en valeur et la non-détérioration des qualités paysagères des différents sites traversés, en particulier, la partie est de la vallée de Clain et le confluent du Clain avec la Vienne. Les vallées sont un patrimoine et paysager fort qu’il convient de préserver.

                  L'intégration de l'ensemble urbain La Rochelle - Rochefort dans les réseaux de communication Européen : pour rompre avec ce qui subsiste d'enclavement, les deux communes agissent ensemble pour développer les infrastructures suivantes :
                  - Liaisons routières nord-sud (autoroute Rochefort - Fontenay le Comte), et est-ouest (débouché de la route Centre Europe Atlantique).
                  - Réseau ferroviaire : nouveau tracé TGV et modernisation de la ligne Nantes - Bordeaux.
                  - Liaisons aériennes : réalisation d'un aéroport départemental.
                  - Liaisons maritimes : développement coordonné des ports charentais.

                    
                   
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                  II4 - QUELQUES BOÎTES A IDEES
                    


                  A - POUR LA PLANIFICATION

                  La qualité paysagère d'ensemble passe par l'étude fine des relations existantes (mais aussi antérieures et potentielles) de la ville aux paysages environnants.

                  Étudier un "plan de cohérence" pour l'agglomération niortaise (au mieux un Schéma Directeur) afin de planifier les aménagements ultérieurs, sur l’ensemble de l’aire d’influence de la ville, s’avère d’une absolue nécessité.

                  Il s’agit entre autres de tenir compte des projets routiers pour positionner les limites de l’agglomération, éviter la continuité urbaine vers Saint-Maixent, assurer la présence sensible de la Sèvre et le rapport avec le marais, composer les contours et la nature du front urbain en fonction des types de paysages rencontrés (plaine, bocages, vallées, marais).

                  La mise en place d’une structure intercommunale à la bonne échelle de territoire serait ici indispensable, et permettrait d’engager, (comme le fait le District de La Rochelle), l’étude d’un schéma de planification qui pourrait prendre en compte le paysage au plan de l’articulation des zones urbaines avec les territoires environnants.

                  L’étendue de la zone à étudier est donnée par les contours des communes en progression démographique, et s’étend largement au-delà du District actuel, tout en dépassant également les logiques territoriales des seules infrastructures. La difficulté réside dans l’identification et la mobilisation des acteurs d’une telle initiative, qui se heurte actuellement à l’inadéquation de la structure intercommunale par rapport à l’échelle territoriale de la problématique.

                  Toutes les échelles de la responsabilité politique et administrative sont ici interpellées : le Département, la Région et l’État, tout autant que les communes aux prises avec une histoire politique complexe, sont concernés par le tournant historique de l’évolution du territoire auquel est confrontée l’agglomération.

                  Au-delà de Niort, c’est aussi l’ensemble des processus de développement, et des nouveaux critères qualitatifs affichés depuis quelques années, qui se trouve en cause et risque, si l’occasion n’est pas saisie, de décourager les initiatives prises en ce sens par d’autres collectivités.

                  Réflexions paysagères… selon des espaces bipolaires…

                  Susciter un vaste projet de territoire et encourager la réalisation de projets contribuant à un développement durable des agglomérations et espaces bipolaires (La Rochelle - Rochefort, Poitiers - Châtellerault, Cognac - Saintes…) Une démarche globale doit assurer la cohérence du projet de territoire avec, par exemple, l'élaboration conjointe d'une charte de paysage.

                  Mettre en place, lorsque ce n'est déjà fait, un schéma de développement et d'aménagement urbain basé sur l'élaboration d'un plan de paysage réalisé au moins à l'échelon de la Communauté de Villes.

                  Veiller - à travers les Plans d'Occupation des Sols des communes des agglomérations - au respect de :

                  - coupures d'urbanisation suffisamment étendues et cohérentes pour garder une réelle force paysagère,

                  - sites ayant un intérêt intercommunal (espaces naturels, espaces de forte valeur paysagère, liés notamment à la présence de l'eau, de dégagements visuels,...),

                  - des qualités rurales existant encore dans les communes de périphérie, en protégeant les sols agricoles, en favorisant le regroupement de l'habitat autour des noyaux urbains existants, en évitant le mitage pavillonnaire ou par des bâtiments d'activité, en évitant les expansions urbaines étirées le long des voies de communication,...

                  B - POUR L'AMENAGEMENT

                  Constituer des limites (fermes) d'agglomération vers les plaines à travers un projet de territoire.

                  Exemple deNiort :

                  - pour l'agglomération entière, instituer une ceinture verte et des couloirs de continuité d’espace et de parcours dans les axes des vallées...
                  - aménager les entrées de ville, notamment par la RN11 (meilleure utilisation des alignements par exemple, traitement qualifiant des limites de parcelles privées, réglementation de la publicité et des pré-enseignes…).

                  Le voisinage d'une entrée de ville avec les paysages spécifiques environnants peut introduire un mouvement de requalification paysagère cohérente et adaptée, grâce à de meilleures utilisations du vocabulaire végétal et/ou minéral…

                  - Le vocabulaire végétal s'avère fort utile pour "traiter" les articulations entre la campagne et les zones urbanisées, et comme support et cadre de développements urbains contrôlés.

                  - La réintroduction de la dimension paysagère dans les opérations de réhabilitation urbaine implique une attention particulière au traitement des voies de circulation et à leur hiérarchisation (choix de "lignes" d'équipements et de mobiliers).

                  Le choix d'une revalorisation privilégiée de sites (vallée, coteau…) peut émerger parmi les réflexions concertées de type "plans de paysage".

                  -Revaloriser les sites de vallée (notamment l'Anguienne à Angoulême), valoriser les points de vue, le passage des rivières et les voies qui les longent, les ouvrages ou bâtiments liés à l'eau et à l'économie qu'elle a permis de développer.

                  C - POUR LA GESTION ET L'ENTRETIEN

                  - La planification paysagère à travers l'animation suivie de comités (même en l'absence de gros projets…) au sein de quartiers ou de secteurs donnés est une bonne manière d'impliquer l'ensemble des citoyens dans une habitude de veille à la qualité des espaces et paysages,

                  - Une gestion des espaces verts plus douce (taille, choix de palettes végétales…) et l'attribution d'espaces suffisants pour l'utilisation d'une végétation libre et étagée ne nécessitant que peu d'entretien (vivaces, graminées, petits arbres…) s'avère très concluante : de belles initiatives existent d'ores et déjà dans chacune des villes mentionnées ici.

                  D - POUR L'EVOLUTION DES MODES DE LECTURE

                  - produire de l'image - à travers de nouveaux angles de vues - sur la qualité des espaces urbains et périurbains est très utile pour accroître la connaissance et la reconnaissance collective de ces espaces,

                  - proposer des lectures transversales de la ville (visites, animations pédagogiques…) mettant en relation la qualité des espaces publics / privés et de leurs enchaînements, les types de paysages urbains, leurs significations et origines sociale, historique, culturelle ou artistique…

                    
                   
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                  Opérateur technique : ORE - http://www.observatoire-environnement.org - liste des pages
                  Membre actif du RPAPN : http://www.biodiversite-poitou-charentes.org/