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Méthodologie
Méthode d'inventaire et d'identification des paysages

Des modèles de paysages

Les sentiments d'appartenance

Les composantes physiques du paysage

La démarche utilisée

L'atlas, contenu et utilisations

Les limites de l'atlas


DES MODELES DE PAYSAGES
  


Pour percevoir le monde, chacun d'entre nous confronte les impressions reçues par les sens (vue mais aussi ouïe, odorat, toucher et goût) à des référents, des modèles, des représentations préétablies. Il existe ainsi certains modèles d'organisation des territoires auxquels nous attribuons la qualité de paysages. La confrontation inconsciente des impressions perçues sur le terrain à un modèle en mémoire est systématique.

La Beauce, par exemple, par le biais des cours de géographie et des écrits de certains écrivains constitue un modèle puissant, celui de la plaine de champs ouverts. Ce modèle nous aide à identifier les autres plaines de grande culture, pour peu que les éléments qui les composent ressemblent à l'idée que l'on a ou que l'on se fait­ de la Beauce.

A contrario, certaines formes d’organisation de l’espace ne correspondent à aucun autre modèle d’identification inscrit dans notre inconscient collectif et nous laissent en général une impression de "non espace", de "non paysage". Il en est ainsi par exemple des zones périurbaines.

Le découpage en ensembles de paysages repose par conséquent sur une identification des secteurs qui présentent des caractéristiques communes, avec un degré commun de coïncidence avec les grands modèles existants. Les critères relèvent évidemment de l'appréciation, il s'agit essentiellement d'ambiances ressenties.

Dans la mesure du possible, les noms anciens ou couramment employés ont été repris pour désigner les entités de paysages ainsi identifiées. Certains secteurs reposent même presque uniquement sur les contours de ces dénominations coutumières (plaines, bocages, marais.)

  
 
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    LES SENTIMENTS D’APPARTENANCE
      


    Ressentir et percevoir un territoire n'est pas tout, il faut tenir compte de ce qui, historiquement et culturellement, donne une identité aux lieux et à leurs habitants. Le nom des anciennes provinces ou de lieux, dotés d'une charge imaginaire puissante, génère bien souvent un attachement de la population locale. Cet attachement, qui s'inscrit plus ou moins fortement dans la mémoire collective, construit également en nous d’autres représentations mentales des espaces, que l’on pourrait qualifier de modèles locaux. Ils induisent tout naturellement des pratiques de composition et d’entretien de l’espace, des sentiments d’appartenance qui participent à la différenciation ­parfois ténue­ des paysages les uns par rapport aux autres.

      
     
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      LES COMPOSANTES PHYSIQUES DU PAYSAGE
        


      De nombreuses réalités physiques concourent à distinguer les paysages les uns des autres. Ces réalités se combinent et se modulent entre elles, sans qu'aucune d'entre elles, prise séparément, ne permette de révéler tous les contrastes qui dessinent la région Poitou-Charentes.

      Chaque paysage est une combinaison un peu magique, subtile et complexe de tous ces ingrédients.

      Le relief

      C'est toujours la base d'une caractérisation. Selon qu'il est plat ou pentu, le relief définit la position des horizons, la présence des belvédères, l'étendue des surfaces rendues visibles, leur perception en perspective ou frontale.

      Le relief tient dans la région un rôle particulier. Bien que presque entièrement plat, le territoire régional recèle de nombreuses surprises les vallées encaissées et quelques secteurs au sol plus mouvementé qui agissent par contraste avec les grandes étendues horizontales des plaines et de la mer.

      L’eau

      Élément premier, l'eau va selon sa présence et ses formes se présenter en motifs caractéristiques de tel ou tel secteur. La présence de la mer, des rivières, des inondations, des ruisseaux multiples, l'eau qui disparaît ou qui ressurgit (dans le karst), vont contribuer à définir des contrastes, en liaison avec le relief.

      La végétation

      Dans une région majoritairement plate, la nature et la position des écrans, en l'occurrence des végétaux, jouent un rôle considérable. Le tissu des boisements constitue donc un élément de caractérisation important : haies en régions bocagères, massifs forestiers ou bosquets en plaines, arbres d’alignement…

      La nature des cultures

      Majoritairement agricole, la région présente des contrastes et un certain nombre d'identités fortes du fait de la nature des cultures. La vigne bien sûr, identifie fortement les régions de production au point que les noms des terres et des produits se confondent. Dans la région, les modulations entre les secteurs de culture et les secteurs d'élevage tiennent également un grand rôle.

      La nature et la disposition du bâti

      Il y a des régions d'habitat dispersé et des régions de villages regroupés ; il y a des villes, leurs centres, leurs faubourgs et leurs banlieues ; il y a des églises romanes, des châteaux, des usines, des silos, des campings. Sous toutes ses formes et tous ses modes de répartition, le bâti participe à la différenciation des paysages

        
       
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      LA DEMARCHE UTILISEE
        


      L’inventaire s’est organisé selon différentes grandes phases de recueil d’information, d’analyse et de validation.

      La littérature, l’image et les études

      La région a été assez largement décrite. La première étape a consisté à prendre connaissance des travaux publiés pour identifier le Poitou-Charentes. L’analyse des représentations picturales ou photographiques a reposé notamment sur l’exploitation du vidéodisque "Mémoire d’Images en Poitou-Charentes", ABCD, 1989 et 2ème éd. en 1991 (*) rassemblant un très grand nombre d’oeuvres d’artistes qui représentent la région­ et pour l’imagerie contemporaine, sur les documents de promotion touristique existants. Les monographies, les travaux de géographes, d’architectes ou de paysagistes, ainsi que le référentiel régional (Institut atlantique d’aménagement des territoires ­ IAAT.), ont été très largement consultés (cf. bibliographie en annexes du tome 1). Cette étape a permis de dresser une première esquisse des paysages de la région prenant en compte des données géologiques, pédologiques, agricoles, écologiques, mais aussi historiques, économiques, touristiques, légendaires, ou encore d'architecture et d'urbanisme.

      Les cartes

      Le résultat du travail bibliographique a été affiné par un travail cartographique selon deux sources principales :
      La couverture au 1/25 000e de l'Institut Géographique National (IGN) mise à disposition par l’IAAT a été étudiée dans sa totalité, afin de préciser la répartition des territoires présentant des caractéristiques communes définies au cours de la première étape. L'étendue des bocages, par exemple, n'est visible qu'à cette échelle. Il en est de même pour un certain nombre de modes de répartition des boisements. L'étude de ces "tissus de territoire" a été reportée sur la cartographie IGN au 1/100 000e.

      L'IAAT a pu éditer grâce au SIG (Système d'Information Géographique) des cartes au 1/250 000e :
      - une carte des degrés de pente, permettant de visualiser plus aisément les motifs du relief et donc de préciser par exemple les contours des vallées ou des secteurs vallonnés,
      - une carte de l’occupation du sol (Corine Land Cover) permettant de préciser l’occupation du territoire (zones bâties, boisements, cultures).

      A l'issue de ces travaux, une première carte synthétisant les différentes observations a été élaborée et traduite en document informatisé utilisable au sein du SIG.

      Le terrain

      Le travail de terrain mené sur la base de nombreux parcours choisis a permis de confirmer, enrichir, modifier l’identification des paysages, de préciser leurs contours, la nature de leurs contrastes, des transitions et d’en effectuer le portrait paysager.

      A cette occasion, un travail de documentation photographique a été réalisé permettant la constitution d’un fonds riche d’environ 1 000 photos.

      Les personnes

      Pendant tout la durée de l’inventaire, le cabinet d’architectes paysagistes et le Conservatoire ont recueilli des informations, des éléments d’appréciation ou des réactions auprès de personnes ayant un vécu régional ou une lecture spécifique des espaces régionaux (spécialistes ou techniciens de l’agriculture, de la forêt, de l’équipement, de l’environnement ou de l’aménagement du territoire). A ce titre, par leur connaissance approfondie du territoire, les membres du Comité Technique Régional du Paysage ont largement contribué à enrichir la démarche.

      Les validations

      A chaque étape de l’inventaire, le Comité Technique Régional du Paysage a cadré et affiné la démarche, les méthodes employées, et demandé des corrections ou des informations supplémentaires sur les résultats présentés. A sa demande notamment, le protocole de cartographie (échelles de travail, compatibilité avec le SIG…) a été précisé avec l’équipe scientifique de l’IAAT.

      Par ailleurs, la "carte de partition des paysages de Poitou-Charentes" a été présentée au Conseil Scientifique et Technique du Conservatoire et aux élus de la Commission Environnement du Conseil Régional.

        
       
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      L'ATLAS, CONTENU ET UTILISATIONS
        


      L’ambition donnée par l’Etat et la Région à cet inventaire est de doter l’ensemble des acteurs concernés d’un document rassemblant descriptions, analyses et propositions d’intervention en faveur des paysages.

      Une carte seule ne pouvait y suffire c’est pourquoi l’essentiel du contenu de l’inventaire est écrit. Seul l’écrit permet des descriptions qualitatives et fines des réalités paysagères et de leurs évolutions et de les porter largement à connaissance.

      Afin de rendre homogène les niveaux d’information et permettre une recherche plus aisée, pour chacun des 8 grands types de paysages et des 4 paysages singuliers, les données ont été regroupées en rubriques :

      L’ambiance paysagère pour les éléments "descriptifs" de ces paysages comprenant :

      LES REPRESENTATIONS : les modèles littéraires, picturaux…

      LA PERCEPTION SENSIBLE DES PAYSAGES CONSIDERES

      LES PAYSAGES CONSIDERES DANS LE CONTEXTE REGIONAL

      - Les franges ou l'importance de la nature des contacts des paysages consideres avec les autres
      - L'image des paysages consideres depuis les réseaux de routes et chemins
      - Les principaux points de vue sur les paysages consideres

      L'ANALYSE PAR MOTIFS

      - Le relief et les roches
      - L'eau et ses manifestations
      - La végétation
      - Le bâti, les motifs construits
      - Les réseaux (routes, lignes électriques…)

      Les dynamiques et enjeux de paysage pour l’ensemble des éléments précisant les évolutions, le diagnostic et les "idées" d’intervention :

      LES PRINCIPALES DYNAMIQUES DES PAYSAGES CONSIDERES

      - Évolutions en cours les plus marquantes

      LE DIAGNOSTIC PAYSAGER

      - Atouts et faiblesses
      - Menaces

      LES MESURES EN COURS

      QUELQUES BOITES A IDEES

      - Pour la planification
      - Pour l'aménagement
      - Pour la gestion et l'entretien
      - Pour l'évolution des modes de lecture, l'évolution du regard

      Les rubriques ont été conçues pour être utilisées (recopiées) de manière indépendante les unes des autres, certains points communs à plusieurs rubriques sont répétés de manière redondante.

      Règles orthographiques utilisées :

      Face à l’hétérogénéité des pratiques constatées pour l’orthographe des appellations géographiques, nous avons retenu pour l’atlas les règles suivantes :

      - tous les noms communs et adjectifs sont en minuscules,
      - les noms propres (y compris lieu-dit) sont en majuscules,
      - quelques exceptions sont liées à des appellations officielles (exemple : appellations viticoles).

      (*) Mémoire d’Images en Poitou-Charentes "…rassemble plusieurs milliers d’images tirées des fonds iconographiques régionaux. Tout un patrimoine historique, artistique, industriel, rural, ethnographique, architectural… La vie quotidienne en Poitou-Charentes. Au fil des pages, Aunis, Saintonge, Poitou, Vendée, Charente, … sont représentés du moyen-âge à l’époque contemporaine."

        
       
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      LES LIMITES DE L'ATLAS
        


      Limites d’échelle

      L’échelle régionale d’étude apporte une vision territoriale et contextuelle aux paysages que des approches locales peuvent difficilement appréhender. A contrario, elle ne permet pas d’appréhender toute la diversité des éléments locaux voire micro locaux qui constituent la finesse et la spécificité des paysages. L’échelle du Pays, de l’intercommunalité, de l’association intercommunale de vallée (voire de la commune) permet de recenser, de décrire ou de "projeter" finement le paysage à partir de constats plus largement établis (tels ceux de l’atlas notamment).

      De telles échelles de travail et c’est là le rôle des initiatives locales permettent de produire des représentations paysagères (croquis, blocs-diagrammes, axonométries, photographies…) plus nombreuses, adaptées et utiles pour ne pas dire indispensables à l’action opérationnelle, concertée et active autour des paysages : programmation, projet d’aménagement, protection, gestion, entretien...

      Limites des outils

      Pour des raisons techniques, un certain nombre d’informations est difficile à connaître à l’échelle régionale :

      - La végétation linéaire (haies, arbres d’alignement…) n’apparaît pas dans les supports cartographiques informatiques actuels (SIG). Pourtant, selon que les haies sont hautes ou basses, transparentes ou opaques, selon que leur composition végétale est champêtre ou mono spécifique, ou que leur entretien est absent ou intensif, elles ne jouent pas le même rôle dans le paysage. 

      - La nature de l’utilisation agricole fine des sols par exemple de la prairie par rapport aux cultures et ce, malgré les statistiques agricoles, est insuffisamment renseignée dans ces mêmes outils. A ce titre, l’IAAT mène actuellement un travail d’interprétation des clichés SPOT, qui pourraient être utilisés par la suite pour apporter des précisions au présent atlas, conçu pour évoluer. Il en est de même pour les vignes et les vergers entre lesquels les cartes actuelles ne font pas apparaître de distinction.

      Tous ces éléments, encore une fois, nécessitent d’être instruits localement dès lors qu’il est question d’aménager le territoire ­et donc les paysages d’une ou de plusieurs communes.

        
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      Opérateur technique : ORE - http://www.observatoire-environnement.org - liste des pages
      Membre actif du RPAPN : http://www.biodiversite-poitou-charentes.org/