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700 - Vallées principales
Méthode d'inventaire et d'identification des paysages


Un point de vue, un dégagement : l'Isle Jourdain propose un des plus beaux panoramas de la région, grâce au relief de la vallée.

Les crues du fleuve font naître des éphémères, transformant le fond de vallée en une ample nappe d'eau, dont seuls émergent les haies bocagères et les peupliers.

Toutes les vallées - petites ou grandes - de Poitou-Charentes, rentrent naturellement dans cette rubrique. La multiplicité des actions locales entreprises autour de vallées d'importance moindre que celles mentionnées ici montre combien ce type de paysages est particulièrement riche et diversifié dans la région.

La lecture paysagère d'une vallée ne fait pas appel aux mêmes schémas que ceux qui s'appliquent aux autres types de paysages (plaines, bocages…). Les clichés sont plus forts, plus nombreux, de même que, pour la région elle-même, les représentations plastiques et picturales. Elles sont aussi plus habitées et plus fréquentées que les autres secteurs, si ce n'est la côte. En Poitou-Charentes, elles présentent de très remarquables spécificités : vallées creusées dans le granit au sein des plaines calcaires, vallées à falaises portant des châteaux forts et presque toutes les villes, ou encore larges vallées inondées l'hiver et qui font remonter la mer jusque très loin dans les terres... Elles justifient pleinement cette identification spécifique... En particulier parce qu'elles ne sont pas encore suffisamment traitées comme les paysages remarquables dont elles présentent le potentiel.

Elles représentent environ 11% du territoire régional.

Sont principalement abordées ici les vallées (et leurs affluents) suivantes :

CES TYPES DE PAYSAGES
COMPRENNENT LES SECTEURS SUIVANTS :

    - la Sèvre nantaise

    701

      - le Thouet

      702

        - le Clain

        703

          - la Vienne

          704

            - la Creuse et la Gartempe

            705
            - L'Autize et la Sèvre niortaise
            706

              - la Boutonne

              707

                - la Haute charente

                708

                  - le Val d'angoumois

                  709

                    - la Basse Charente

                    710

                      - la Seugne

                      711

                        - la Seudre

                        712

                          - la Tardoire

                          713

                            - la Dronne et la Nizonne

                            714

                            L'AMBIANCE PAYSAGERE
                            Les représentations : les modèles littéraires, picturaux...
                            La perception sensible des paysages de vallées
                            Les paysages de vallées dans le contexte régional
                            L'analyse par motifs

                            LES DYNAMIQUES
                            ET ENJEUX DE PAYSAGE

                            Les principales dynamiques dans les paysages de vallées
                            Le diagnostic paysager
                            Les mesures en cours
                            Quelques boîtes à idées


                            I -L'AMBIANCE PAYSAGERE
                             
                            I1 - LES REPRESENTATIONS : les modèles littéraires, picturaux…
                              


                            Les vallées condensent à plusieurs titres le paysage. Elles réunissent en un même lieu les composants physiques essentiels du territoire naturel que sont le relief, l’eau et les diverses formes de végétation étagées des rives aux rebords des plateaux.
                            Les vallées accueillent presque toutes les grandes agglomérations et constituent donc le cadre de vie au quotidien d’une proportion importante des habitants de la région.

                            Les vallées font l’objet principal ­et parfois même unique­ des représentations des territoires qu’elles marquent de leur passage. Là où le paysage est lisible grâce au dégagement du relief, là où les éléments composent des sites, là où les monuments s’y inscrivent, les peintres, les graveurs et les photographes ont trouvé suffisamment de pittoresque pour les inspirer. Par un phénomène maintenant bien identifié, la production de ces nombreuses images a inscrit dans le regard des hommes l’organisation de vallée comme un véritable code d’appréciation des paysages. Dans le meilleur des cas, l’image perçue de la vallée vient rencontrer l’image (mentale) préalable forgée par les artistes, et coïncider avec elle : il en découle une satisfaction paysagère réelle.

                            Une autre représentation mentale forte tient aux rôles historiques de communication des vallées.

                            De tout temps, elles ont servi de traits d’union et accueilli les parcours. Cette réalité se retrouve aujourd’hui dans la pratique de la randonnée. Il y a là une attente de paysages plus variés et plus animés que ceux des plaines ou d’autres paysages, une attente de jouissance ludique qui s’ajoute à la satisfaction esthétique.

                            A l’échelle de la géographie régionale, les vallées (avec les côtes) proposent les principaux évènements de relief.

                            C’est un constat que l’on retrouve dans l’iconographie régionale : en tant que motifs, les côtes de la Charente-Maritime et les vallées dominent très largement les représentations du territoire de Poitou-Charentes, et peuvent être considérées dans leur ensemble comme " emblématiques " des paysages régionaux. Ainsi, par exemple, la région de plaines située au nord de Niort propose-t-elle de nombreuses images de falaises verticales (vallée de la Sèvre niortaise).

                            L’iconographie des vallées se concentre autour des agglomérations anciennes et patrimoniales. La représentation des vallées au sein des territoires plus largement traversés (plaines, bocages…) est presque inexistante.

                            Pour la vallée du Thouet et de ses affluents, les sites de Thouars et encore plus de Parthenay, condensent et accaparent la production iconographique de vallée.

                            A l’heure actuelle ces villes (comme bien d’autres) ont tendance ­et c’est bien légitime­ à produire une nouvelle image : celles de villes ayant su préserver leur patrimoine naturel et leurs paysages, offrant aux visiteurs aussi bien qu’aux résidents les éléments nécessaires à la qualité du cadre de vie Deux tableaux de Fernand Serreau (1885-1945) représentent des vues du secteur : " Maisons ensoleillées à Thouars " et " Le Thouet à Thouars ", Poitiers, Musée des Beaux-Arts. On citera également une photo de la vallée de l’Argenton (probablement le site de Grifférus) dans le document pédagogique " La clé des champs " produite par le conseil Général des Deux-Sèvres.

                            Dans les vallées, les villes épousent un site : la nature et le lieu de leur implantation ne sont jamais dus au hasard. C’est justement sur ces éléments que repose l’identité paysagère de chacune d’entre elles. Cette identité traverse les âges par le biais de la représentation.

                            Poitiers, capitale régionale (et emblématique du Poitou), épouse un site d'oppidum formé par le Clain et la Boivre. Les images de la capitale présentent des paysages formés par les rivières : elles inscrivent ces paysages dans les représentations mentales de la ville. Il s’agit généralement d’un motif d'eau central (rivière, étang…) dont les éléments qui s'étagent autour, jusqu'aux rebords du relief, servent en même temps de cadre à l'image (photographie, peinture). Les constructions humaines ou autres fabriques (pont, moulin, chute…) ponctuent la scène. Ce modèle est extrêmement puissant dans notre imaginaire paysager puisqu’il a suscité d'innombrables tableaux, s'est décliné ensuite en mille productions (canevas, puzzles, boîtes de chocolat…) et a servi également de schéma de composition à presque tous les parcs et squares publics.

                            Certaines peintures du secteur ont fortement marqué l’histoire de l’art et du paysage : le château de Lusignan est cité dans les traités de l'histoire du paysage comme l’une des toutes premières images de paysage : " les riches heures du duc de Berry ".

                            Ailleurs, de nombreuses villes et monuments, représentés depuis fort longtemps, jalonnent ces vallées : la pierre levée de Poitiers fait l'objet d'une fable de Pantagruel dans l’œuvre de Rabelais. Dans une approche iconographique rapide, on citera un tableau de Maurice Bernard (connu de 1932 à 1956) "Poitiers, les bords du Clain", présentant un site pittoresque de la rivière (Poitiers, musée des Beaux-Arts), et un tableau de Louis Auguin (1824-1903) "Vallée du Clain" (Saintes, musée de l'échevinage). Pour la Vienne : "Coteaux de Chauvigny, bords de la Vienne" par Alphonse Combe-Velluet (1843-1902) (Poitiers musée des Beaux-Arts) ; "St Germain sur Vienne" par Edouard May (Angoulême, musée des Beaux-Arts). L'ouvrage récent "Vienne, paysages en liberté" représente assez abondamment les sites patrimoniaux inscrits dans les scènes de vallées de la Vienne ou du Clain, mais aussi de l’Anglin dont le site d’Angles-sur-l’Anglin fait la couverture (Brissaud Ed, Poitiers 1993). De très nombreuses représentations (tableaux, gravures, cartes postales…) alimentent la reconnaissance de ces paysages de vallées. Il est impossible de les mentionner toutes.

                            Si les vallées peuvent être considérées dans leur ensemble comme "emblématiques" des paysages régionaux, la vallée de la Charente l'est encore à un autre titre : faisant le lien entre les confins granitiques du Massif Central et l'océan, "le plus joli ruisseau" du Royaume d'Henri IV est le fleuve éponyme de la région et de deux départements qu'il traverse : région Poitou-Charentes, départements de la Charente et de la Charente-Maritime.

                            D'après le Guide bleu, selon le poète latin Ausone, "la Charente tirerait son nom de "Carentonus", ce qui signifierait en langue gauloise : "le fleuve aux eaux tranquilles". Au travers de la littérature, la Charente "née du silence et sœur des peupliers", donne l'image d'un cours d'eau indolent et intemporel. "La plus que lente, la rêveuse aux yeux ouverts s'invente des raisons d'avoir à convoyer le souvenir des arbres vers la mer. Elle s'est couchée dans le drap des saisons et le ciel de son lit boit le lait des planètes." (Claude Roy).

                            Peupliers, saules et prairies accompagnent la Charente tout au long de son cours, constituant des scènes directement associées à l'eau : "Les peupliers prolongeaient leurs files, minces fûts d'or pâle et feuillages aériens, dont la blondeur encore viride gardait au seuil même de l'automne une fraîcheur encore mouillée de printemps. Leur ombre tremblait sur l'herbe rase et douce, sur le flanc roux des vaches au pré. Ces autres arbres, je les attendais : ces frênes, ces saules des vallées lentes, des rivières assagies qui flânent, qui se plaisent tant à leurs méandres qu'elles n'en changeraient plus une virgule. J'étais dans un pays d'eaux claires, de reflets francs, d'horizons nets, de sources vives où le soleil ne pèse point, que les hauts nuages survolent avant de se heurter aux rehauts des monts limousins, (...) ". (Maurice Genevoix).

                            La nonchalance prêtée au fleuve tient à son cours au débit modeste, autant qu'à cette façon qu'il a de développer ses méandres, et de couvrir d'une grande nappe étale le fond de sa vallée, aux saisons pluvieuses. Est-ce de la lenteur de son cours, ou de la qualité des campagnes qu'elle traverse, que les paysages baignés par la Charente tiennent leur réputation ? Est-ce le fait de la lumière "tendre et vibrante", "la belle lumière saintongeaise aux tons de nacre" que décrit Jacques Chardonne ? Est-ce le fait d'un ciel "d'une ampleur si bien mesurée qu'il est la clé de l'harmonie générale" (Jean-Marc Soyez), un ciel "fait de plumes de tourterelles" (Robert Marteau) ? Les pays que baigne la Charente ont, sous la plume des écrivains, une douceur certaine. Pour Jules Castagnary, la Charente est "l'image heureuse et fidèle" du pays qu'elle traverse.

                            Tout au long du fleuve, les représentations évoluent… avec le fil de l’eau.

                            A l'approche de l'océan, le fleuve Charente traverse des campagnes ouvertes et plates, vastes étendues de prés marécageux. La vallée s'efface, et comme l'écrit fort bien Pierre Loti, elle ne correspond plus au paysage conventionnel et attendu, avec son "site de vignette, l'eau courante entre des peupliers et la montagne surmontée du vieuxchâteau". Ces "prées, qui l'été se couvrent de hauts herbages" sont "unies, monotones comme la mer voisine" (Pierre Loti), et paraissent à certains très laides. "Dernier dénuement des terres avant l'océan" (Jacques Chardonne), ces espaces préfigurent l'ampleur des horizons marins ; c'est, malgré leur "indigence pittoresque", la sensation d'infini qu'ils procurent qui ont inspiré, notamment, les écrivains Loti et Fromentin.

                            Les rôles de transition des paysages de vallées.

                            La Dronne et ses affluents parcourent des secteurs que la documentation touristique présente comme des terres de transition. Elles annoncent le Périgord dont les paysages répondent à ceux du Montmorélien et de la Double saintongeaise d’une part, et annoncent l'Aquitaine par leurs eaux qui se rejoignent, tournant le dos à la Charente d’autre part.

                              
                             
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                              I2 - LA PERCEPTION SENSIBLE DES PAYSAGES DE VALLEES
                                


                              Il n’y a pas de perception sensible de l’ensemble des vallées : le réseau des communications, routes et chemins n’en autorise pas une lecture continue. Seule, l’approche ponctuelle, lors des franchissements ou sur de (trop) courts tronçons en rive, en autorise une perception par petits sites. Celle-ci recoupe d’ailleurs la répartition des représentations…

                              Le franchissement de la plupart des vallées fait donc apparaître presque systématiquement ces espaces comme des " entre-deux " : elles instaurent de fait (et transversalement) un espace de transition entre les secteurs avoisinants. Ce ne sont donc que quelques rares scènes qui, par la nature des sous-sols, par la ville ou le village, par un événement particulier du relief ou de l’eau, parviennent à créer un véritable paysage où les éléments interagissent et (se) composent.

                              Les paysages de vallées sur socles anciens au niveau des cours supérieurs des rivières.

                              Seul le cours supérieur de la Sèvre niortaise est concerné par la région Poitou-Charentes. Sur le socle de roches anciennes (granitiques), la rivière s’inscrit alors dans le paysage de bocage. La vallée, au relief peu marqué, a quelques occasions de mise en scène en permettant au dessin du parcellaire et des haies d’apparaître sur les pentes des coteaux. La présence de telles scènes de paysages est cependant relative : les occasions sont rares du fait du réseau de communication et de la végétation souvent dense des fonds de vallée. Les perceptions sont alors plus souvent occasionnées par des "scènes " paysagères très minimes qui reprennent les modalités de perception du bocage : des petites fenêtres taillées dans les haies par les entrées de champs, par exemple… La rivière est marquée par les méandres qu’elle dessine, les nombreuses retenues d’eau et surtout par les chaos granitiques spectaculaires en partie amont.

                              Les caractéristiques paysagères du cours supérieur du Thouet et même celles de la partie amont de la vallée de la Charente de l’autre côté de la région (haute Charente) sont presque identiques.

                              Dans la partie médiane du Thouet (jusqu’à Thouars) cependant, la vallée est marquée par les falaises creusées dans la roche calcaire, les cirques (comme à Missé) et autres motifs spécifiques, mais dont la présence paysagère reste limitée. Outre leur intervention dans la perception de la vallée, les peupliers apparaissent également depuis la plaine environnante tandis que les boisements et les friches s’accrochent aux rebords des coteaux. Ces derniers instaurent comme des portes entre le territoire de vallée et celui des plaines alentour. Le relief occasionne de belles scènes paysagères lorsqu’il devient possible de gagner un point de vue élevé. (L’Argenton ne présente pratiquement pas ce profil). Après Thouars (après la Gouraudière), le relief s’évase et les vallées deviennent moins marquées par leurs rebords que par la végétation qui accompagne les rivières. De cette manière, elles marquent leur passage dans le territoire de grande culture et de vignes qu’elles traversent.

                              Les villes (principalement Parthenay, Bressuire et Thouars) offrent par logique une bien meilleure accessibilité aux vallées et présentent avec elles de belles unions, là où le relief se manifeste avec le plus de puissance, là où le caractère défensif était recherché... Il en résulte des scènes d’une grande force pittoresque, associant l’architecture aux mouvements des falaises, et qui symbolisent en les concentrant les caractères des vallées.

                              Le barrage du Cébron, construit aux contreforts du bocage sur un affluent du Thouet, occasionne une vision très particulière : le large dégagement visuel du plan d’eau contraste avec les perspectives plutôt courtes de cette région recoupée par les haies. Il donne à voir les flancs du vallon où se dessine la résille du système de haies : elle apparaît ici dans une mise en scène inhabituelle. La vallée prend alors un visage soudain élargi, presque monumental. Enfin, des sites naturels "spectaculaires " révèlent des paysages assez extraordinaires que seules les vallées peuvent faire naître : la cascade de Pommiers et le site de Grifférus mettent en scène la roche découpée vigoureusement par les rivières. Cette expression paysagère d’une grande beauté contraste fortement avec les ambiances douces et calmes des territoires alentours. Elle apporte au secteur un accent de puissance tellurique. Le fort degré de pittoresque de ces sites motive évidemment tant les représentations que les visites. Le paysage reste ici comme ailleurs conditionné aux possibilités de parcours et au rôle d’écran de la végétation, qui ne permettent pas toujours une approche aisée.

                              De la même façon, la Vonne ou l'Auxances (affluents du Clain) s’inscrivent dans leur cours supérieur dans le paysage de bocage de la Gâtine avec ces scènes ponctuelles. Il faut noter le motif particulièrement beau de l'étang de Bois Pouvreau (Vonne), qui rassemble les éléments de la roche, de l'eau, de la végétation, dans une composition parfaitement inscrite dans le contexte de la Gâtine, et qui propose une promenade extrêmement agréable, un moment de jouissance particulière de la vallée et de la Gâtine en général. Il faut également citer le site de Sanxay, qui inscrit les ruines gallo-romaines dans le contexte paysager de la vallée "bocagère" : la mise en scène des ruines permet aussi celle de la vallée, même s'il est peu probable que l'organisation bocagère du paysage corresponde à l'époque des ruines.

                              Ce sont également des paysages de bocage qui englobent le cours supérieur de la Vienne et de ses affluents (la Graine, l'Issoire, la grande et la petite Blourde).

                              Les dimensions de la rivière et de la vallée sont parfois en décalage.

                              Le cours supérieur de la Sèvre niortaise emprunte un "événement géologique", un bassin d'effondrement qui lui donne une vallée de grande ampleur, sans rapport avec la rivière elle-même. Le volume cultivé dans le fond, aux coteaux escarpés et boisés, est aussi rarement perceptible dans son ensemble que pour les précédentes, en raison des multiples écrans et de l'ampleur limitée des dénivelés. Cette vaste dépression vient buter contre le bloc des roches anciennes, le site de cette rencontre étant occupé par Saint-Maixent, qui apparaît alors nettement dans une sorte de présentoir de relief. Pour l'essentiel, les vallées du secteur s'inscrivent "Entre plaine et Gâtine" sur un socle de transition entre les roches anciennes et sédimentaires, dans le paysage de bocage, qu'elles ont quelques occasions de "mettre en scène " en permettant au dessin du parcellaire et des haies d’apparaître sur les pentes des coteaux.

                              En quittant les socles anciens, les paysages de vallées évoluent…

                              Dans la partie médiane des cours, les villes offrent une accessibilité accrue aux vallées.

                              En quittant les socles anciens, les vallées se creusent plus nettement dans les roches tendres : pour le Clain, ces profils marqués de parois et de falaises règnent jusqu'à Poitiers sans prendre toutefois des proportions spectaculaires, excepté ponctuellement : à Château-Larcher, la position du château et de l'église vient dramatiser le léger motif de falaise.

                              Dans la partie médiane du cours de la Seugne, entre Pons et Jonzac, la vallée répond aux archétypes attendus de scènes pittoresques associant l’architecture aux mouvements du relief et aux passages de l’eau.

                              La présence de prairies en contrebas accentue considérablement les effets de relief des falaises. Les situations d’éperon, soulignées de promenades comme celle de Blossac à Lusignan­ contribuent également fortement à la force et à la qualité de mise en scène des sites.

                              Bien souvent cependant, les sites des vallées restent enfouis dans l'abondance de la végétation. Outre leur intervention dans la perception de la vallée, les peupliers apparaissent également depuis la plaine environnante quand elle est dégagée (c'est particulièrement vrai pour la vallée de l'Auxances dans la plaine de Neuville). A l'approche de Poitiers, la végétation s'intensifie fortement : certaines vallées (Miosson, Menuse, Boivre) circulent alors dans un milieu forestier. Par contraste, les vallées du Clain et de l'Auxances desservies par le réseau routier ­alors que les autres ne le sont pas­ prennent une ambiance de plus en plus habitée : la densité du bâti s'intensifie très nettement, multiplie les écrans visuels et l'envahissement des coteaux.

                              Certaines scènes d’une grande force pittoresque associent l’architecture aux mouvements des coteaux. D’autres sites naturels plus lointains, rattachés aux systèmes de vallée, alimentent la qualité des espaces périurbains.

                              Que serait Poitiers sans les coteaux du Clain ? La capitale régionale tire de la rivière un fort parti paysager, qui se traduit de multiples façons : il s’agit notamment de la simple opportunité de pouvoir considérer la vallée urbanisée en contre bas depuis le rebord des coteaux. La mise en scène magistrale de cette position à Blossac (moins exploitée aux Dunes) fait de Poitiers une "ville paysage". On retrouve des motifs de falaises en entrée de ville au nord de Poitiers. Au sud, des coteaux occasionnent des positions d'habitat fort enviable avec des jardins échelonnés en terrasses, des parois rocheuses…

                              Enfin, des sites naturels spectaculaires révèlent des paysages assez extraordinaires que seules les vallées peuvent faire naître : en aval de Poitiers, la petite vallée sèche d'Ensoulesse dont le Conservatoire d’espaces naturels assure pour partie la gestion­ recèle des richesses faunistiques, floristiques et paysagères insoupçonnées...

                              Avec l’apaisement du relief, l’élargissement des cours, les paysages de vallées n’offrent plus de motifs aussi puissants.

                              La vallée du Clain s’évase en aval de Poitiers. Au cours de cet épisode, la rive gauche de la rivière est tellement urbanisée que l'on à peine à reconnaître un paysage de vallée… Les peupliers occupent volontiers le fond du relief et interdisent les perceptions bord à bord. Il est cependant encore possible, de loin en loin, de pouvoir éprouver des sensations de vallée, en passant sur la rive gauche. A Saint-Cyr, notamment, le paysage peut être lu jusqu'aux horizons, et la présence de la rivière est comme hypertrophiée par le plan d'eau. A l'approche de Châtellerault, le fond de vallée et les coteaux se densifient à nouveau, et il n'est plus possible, entre les deux villes, de jouir d'un véritable paysage campagnard qui aurait permis de situer les deux agglomérations l'une par rapport à l'autre… Le site du Vieux Poitiers quant à lui, apporte à nouveau, comme Sanxay en amont, un traitement "théâtral" du coteau : l'ample espace de la vallée à cet endroit, avec son coteau qui se découpe sur le ciel, sert de fond de scène.

                              Dans la partie médiane du cours dela Vienne, le relief occasionne quelques belles scènes paysagères. L’épisode est marqué par la présence de la centrale nucléaire de Civeaux dont les tours apparaissent à l'horizon de nombreux paysages. Il se termine à l'approche de Châtellerault par la traversée d'une zone forestière (forêts de Moulière et de Chitré) que la vallée échancre, tout en y trouvant ses horizons.

                              Après Châtellerault, la vallée est davantage associée aux horizons plus élargis des collines de tuffeau ; la vallée circule alors dans une succession d'horizons arrondis et boisés. Cependant, la présence mal contrôlée des activités et de l'habitat dans le fond de vallée et sur les coteaux ne laisse que quelques fenêtres de perception et perturbe la lecture d'une vallée ni campagnarde ni urbaine, où l'ambiance devient difficile à saisir.

                              La vallée de la Vienne prend ponctuellement un visage élargi presque monumental à hauteur des retenues électriques de Chardes, La Roche, Jousseau, l'Isle-Jourdain. Ces paysages majestueux accueillent promeneurs, pêcheurs et plaisanciers.

                              Des places particulières dans la région : la vallée de la Creuse, la vallée de la Gartempe.

                              La vallée de la Creuse est perceptible depuis le réseau routier (la RD5 suit exactement la ligne du coteau rive gauche) ; en outre le dégagement visuel de vallée cultivée permet la perception simultanée des deux coteaux, et donc une identification de l'espace entier : unité de relief et de paysage. Le caractère de vallée rurale, cultivée, paisible, mais aussi offerte aux regards, donne à la Creuse une place réellement particulière dans la région.La vallée de la Gartempe est aussi desservie par le réseau routier mais ne présente pas les mêmes caractéristiques de dégagement. Sur le socle de roches anciennes, la Benaize et les cours supérieurs du Salleron et de la Gartempe s’inscrivent dans le paysage de bocage. Dans ce secteur, la vallée de la Gartempe présente un des sites naturels les plus spectaculaires de la région, révélant un paysage extraordinaire que seule une vallée pouvait faire naître : les Portes de l'Enfer à Lathus présentent une scène vigoureuse de falaises et de roches granitiques où la Gartempe prend une allure presque montagnarde. Au sein des affluents, le site d'Angles-sur-l'Anglin mentionné plus haut, présente une des scènes les plus marquantes du secteur, associant le profil de la vallée avec les ruines impressionnantes du château et l'architecture pittoresque du village lui-même. On regrettera simplement que la promenade le long de la rivière ne soit pas aussi confortable, et surtout que de jeunes peupliers viennent menacer les points de vue sur le château, depuis la rivière.

                              L’amplitude que peuvent prendre les vallées dans leur partie aval (lors de la traversée des plaines de champs ouverts) est parfois considérablement masquée par les fronts végétaux verticaux des peupleraies.

                              C’est notamment le cas des vallées de la Sèvre niortaise et de ses affluents dès en amont de Niort, à l’exception des lieux où le relief domine les dimensions de l’arbre. Outre leur intervention dans la perception de la vallée ­à laquelle ils donnent cette matière spécifique et rythmée qu'il faut pénétrer­ les peupliers apparaissent aussi depuis la plaine environnante comme la principale et véritable expression paysagère de la vallée. Enfin, Niort bénéficie ­tout comme les autres grandes agglomérations régionales­ de la vallée comme site initial. Sans susciter les grandes compositions de Poitiers ou d’Angoulême, le faible relief occasionne tout de même de sympathiques scènes et promenades.

                              La Belle, la Béronne, la Légère et leurs affluents (secteur de la Boutonne) creusent leurs vallées dans le socle du plateau mellois. Elles font ainsi apparaître sur leurs coteaux le maillage du bocage des terres rouges. Ce sont elles qui dessinent, aussi, les sites singuliers des villes de Melle et Celles, à qui elles donnent une part importante de leur apparence. La Boutonne elle-même ne présente aucun relief particulier : son lit n'est pas creux, mais comme posé sur le socle des plaines qu'elle traverse, où elle apparaît essentiellement comme un volume de peupleraies bien visibles dans le dégagement environnant. Les principaux événements paysagers se déroulent à l'intérieur de la matière des peupleraies et sont liés au temps. Il s'agit, lors d'un franchissement ou le long d'une route, des effets cinétiques des troncs plantés en lignes. En cas de mauvais entretien ou de mauvaise santé, une peupleraie dégage une ambiance de tristesse et d'abandon. L'autre événement est celui des inondations, quand l'eau de l'hiver vient former au sol un plan horizontal singulier, où se révèlent tous les jeux de reflets et de graphisme qui définissent un véritable paysage spécifique.

                              D’autres vallées au contraire s’effacent parfois en traversant les espaces plus ouverts.

                              Le relief assez doux des coteaux de la Dronne et de la Nizonne, dans leur voisinage avec la dépression de Villebois-Lavalette et avec les collines de Montmoreau, favorise leur occupation par des prairies ou des cultures. De nombreux thalwegs en animent les pentes, instaurant autant de relations avec les terres hautes : la ligne d'horizon, constituée souvent du simple contact des terres cultivées avec le ciel, s'éloigne et ouvre l'espace des vallées sur les ambiances des secteurs voisins. Ainsi, cette ambiance ouverte des coteaux fait de certains tronçons de vallée des espaces presque centrifuges, plus ouverts sur l'extérieur de la vallée que sur la rivière et ses abords ­a fortiori le coteau opposé­ qu'occultent la profusion végétale des fonds. Relativement resserrée jusqu'à sa confluence avec la Tude, la vallée de la Dronne s'élargit progressivement et s’avère moins lisible, même si les boisements qui couvrent les coteaux renforcent sa présence. Elle s'apparente plutôt à une large plaine lorsqu'elle longe le petit angoumois, la double saintongeaise et la double périgourdine. Les vallées de la Dronne et de la Tude offrent ainsi de beaux sites de falaises calcaires, où se sont implantés les bourgs les plus caractéristiques, comme Aubeterre-sur-Dronne, ou Gurat.

                              Possédant ces caractéristiques communes aux différentes vallées de la région, le Val d'angoumois s'en démarque aussi par d'autres aspects. De larges espaces de transition abrités des crues entre le lit du fleuve et les coteaux ont permis l'installation de bourgs en relation proche avec le fleuve. L'ampleur de la vallée d'une crête à l'autre, et les niveaux intermédiaires cultivés, permettent un recul suffisant de la végétation du fond de vallée pour offrir de larges points de vue. Il faut noter encore l'aspect spectaculaire des crues du fleuve, et ces paysages éphémères qu'elles font naître, donnant tout leur sens à ces grands espaces de "prées" vides d'installation humaine : elles sont le domaine du fleuve, auquel ses débordements donnent une réalité tangible, transformant le fond de vallée en une ample nappe d'eau dont seuls émergent les peupliers.

                              Ces spécificités de largeur et de configuration ne se démentent pas en partie aval dans le secteur de la basse Charente. La navigabilité de la Charente a conforté l'urbanisation des rives. Ports, quais, pontons d'embarquements pour les traversées en bac créent ici des motifs de paysages spécifiques ; le passage de bateaux transforme à lui seul la perception du cours d'eau, qui devient un lieu privilégié de découverte de la vallée. Dans son extrême aval, la vallée s'efface au profit des grands espaces de marais littoraux. Le fleuve s'élargit considérablement après Rochefort, mais est comme "absorbé" par la platitude de ces espaces. D'autres ambiances s'élaborent, sans référence possible aux paysages de vallée : la lumière, l'ampleur des horizons, le reflux dévoilant la boue grise et luisante des berges, évoquent la proximité de l'océan.

                                
                               
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                                I3 -LES PAYSAGES DE VALLEES DANS LE CONTEXTE REGIONAL
                                  


                                A - LES FRANGES OU L'IMPORTANCE DE LA NATURE DES CONTACTS ENTRE SECTEURS PAYSAGERS

                                Dans leur section amont, les vallées s’inscrivent dans le paysage le plus souvent de bocage­ sans marquer de contraste important. Aux confluences, les vallées organisent des secteurs paysagers plus spécifiques.

                                Dans sa partie deux-sèvrienne, la vallée de la Sèvre nantaise anime assez doucement le paysage par la modulation du relief. Elle reste en frange du territoire régional, qu’elle quitte exactement au moment où le relief de vallée devient plus accentué.

                                Les vallées du Thouet et de ses affluents s’inscrivent au sein de deux types de paysages qu’elles viennent nervurer : le Bocage et la Gâtine en amont, puis la plaine de Thouars en aval. Les modes de relation et le degré de contraste entre la vallée et son environnement diffèrent selon les séquences. Dans le bocage, les parties amont s’inscrivent dans la matière globalement vallonnée par les nombreux ruisseaux, et les vallées principales marquent peu à peu leur cours avec plus d’intensité, découpant de puissants motifs dans la roche. Sur les contreforts du Bocage, alors que le relief général s’apaise, la nervuration plus forte des vallées instaure un contraste plus marqué. Le contraste s’accentue ensuite dans les calcaires de la plaine, tant que le relief reste marqué, renforcé par la présence des boisements en rebord : c’est le cas du tronçon entre Airvault et Thouars.

                                Dans le cours supérieur de la Vienne, les vallées s'inscrivent dans le tissu bocager des terres froides (Charente limousine et Vienne limousine) sans contraste énorme ; les reliefs établissent une mise en scène du tissu bocager comme en témoignent la plupart des photos du bocage.

                                Il en est de même pour les diverses vallées du système du Clain : dans la Gâtine, les cours amont de la Vendelogne, de l'Auxances et de la Vonne condensent le paysage bocager sur leurs flancs inclinés. Les reliefs plus marqués des mêmes rivières strient le bocage des terres rouges et des contreforts du bocage. Ailleurs, les types de rapport entre les vallées et leur environnement sont comparables, qu'il s'agisse des secteurs des terres rouges à taillis, des terres de brandes, ou de la plaine de Neuville. Dans les environs de Poitiers en revanche, les vallées se rapprochent les unes des autres, au point de définir entre elles un secteur spécifique : en les recoupant fortement, les vallées atténuent les caractères des grandes unités de plaine, recouvertes en outre par la forêt et le développement urbain.

                                Les vallées jouent parfois un rôle physique de seuil ou de frontière entre secteurs peu contrastés : elles instaurent dans les parcours des "sas" de perception, et définissent les contours d’autres entités paysagères.

                                C'est le cas du Clain entre les terres rouges et les terres de brandes, de la Bouleur et de la Vonne aux limites des terres rouges bocagères.

                                Dans la traversée des terres de brandes, la Vienne trace un profond sillon souligné par les massifs forestiers plus nombreux à son approche, ce qui renforce le seuil déjà marqué par la rupture de pente du coteau. Là, le paysage prend une allure de campagne cultivée mais la vallée ne se laisse pas appréhender dans son entier : la végétation des bords de la rivière, les peupleraies du fonds de vallée, les boisements des coteaux, scindent un espace difficile à saisir. Après Châtellerault, la vallée s'inscrit plus en continu dans le système des collines de tuffeau, entre lesquelles elle semble trouver son passage, plutôt que de l'avoir creusé.

                                La Creuse, située en marge du département de la Vienne, s'étend principalement au-delà des limites régionales. Cependant le paysage qu'elle offre est perçu dans la Vienne, et lui appartient tout autant. Limite administrative, la vallée de la Creuse marque aussi la frontière des terres de brandes. Elle traverse ensuite les coteaux de tuffeau qui lui composent des horizons modelés, marqués par la présence des forêts entre lesquelles la vallée compose une franche découpe dégagée.

                                La Gartempe et le Salleron creusent leurs vallées inférieures dans les terres de brandes, avec un fort contraste de relief. Les massifs boisés, plus nombreux aux abords des vallées, forment comme un sas qui isole les deux types de paysages, plaine vallonnée et plaine boisée des terres de brandes et espaces des vallées : lisières et lignes de rupture de pente forment autant de seuils de perception, qui renforcent la singularité des paysages. Dans les cours supérieurs, les rapports sont souvent moins contrastés, à l’exception des Portes de l'Enfer.

                                Bien que minoritaires en surface dans les territoires qu’elles occupent, certaines vallées ont un statut d’effigie paysagère : elles jouent alors à l’échelle d’un pays un rôle comparable à celui de monuments emblématiques de villes.

                                Il en est ainsi notamment de la Charente qui s'étire sur 350 km en traversant, depuis les hauteurs limousines où elle prend sa source, tous les grands types de paysages régionaux : des terres hautes de la Charente limousine (terres froides), jusqu'aux marais rochefortais, en traversant les terroirs prestigieux du Cognac. Le secteur de la haute Charente articule le passage des terres granitiques avec leur paysage de bocage, aux plaines calcaires vallonnées des terres Rouges et du Ruffécois. Ensuite, le val d'angoumois (section médiane de la Charente) forme la limite entre la haute plaine arborée de l'angoumois, terroir périphérique des pays du Cognac, et les secteurs boisés voués à l'élevage et la polyculture, vestiges de l'ancienne forêt d'Argenson qui partageait autrefois le territoire de la région. Orienté nord-sud, il constitue le seuil de franchissement de cette ancienne " marche boisée " : voie de passage entre Poitou et Aquitaine, et plus largement entre nord et sud de la France, le val d'angoumois situé sur le chemin de Saint-Jacques de Compostelle. Enfin entre Angoulême et Saintes, La vallée de la basse Charente traverse les terroirs vallonnés du cognac, puis les plaines de Saintonge, avant de s'élargir au milieu des marais et de s'ouvrir sur l'océan. Le fleuve est soumis aux marées, dans ce territoire de frange que la terre et la mer ont façonné conjointement au cours des siècles. Inversement, la mer des Pertuis voit son milieu fortement influencé par le débouché du fleuve, qui dépose ses limons dans cet espace maritime protégé des courants océaniques. La pointe est du secteur jouxte l'agglomération d'Angoulême, ce qui n'est pas sans incidence sur l'évolution de ses paysages.

                                La vallée comme limite administrative, plus que comme limite paysagère.

                                La particularité de la Dronne est de constituer avec la Nizonne, la limite sud-est de la région. Mais la limite que dessinent ces vallées ne correspond pas à un changement manifeste de paysages.

                                Les vallonnements doux, coiffés de boisements, du Montmorélien, les boisements plus denses du petit angoumois et de la double saintongeaise ont leurs symétriques en Périgord, qui en prolongent les ambiances. C'est tout un secteur de frange qu'irriguent ces vallées, et qui les englobe, faisant lien entre les deux régions limitrophes.

                                D’autres configurations spécifiques…

                                Le bocage des terres rouges et celui d'Entre plaine et Gâtine environne les parties amont des vallées de la Sèvre niortaise et de ses affluents sans que le contraste ne soit très marqué : les vallées occasionnent des modulations qui révèlent le bocage sur leurs flancs, à moins que les fonds ne soient inondés de végétation. Dans la plaine, au contraire, les masses de peupliers font contraste avec le dégagement environnant et apparaissent comme horizon. En aval de Niort, la Sèvre niortaise se fond dans le paysage spécifique du marais (cf. secteur 901).

                                La Boutonne traverse la " marche boisée " à Chizé mais les forêts semblent s'écarter pour que la rivière continue de circuler dans une plaine. C'est ainsi que Chizé semble appartenir plus à la Boutonne qu'au massif qui porte son nom.

                                B - UNE IMAGE DE LA REGION DEPUIS LES RESEAUX (routiers, pédestres…)

                                C’est presque l’élément le plus déterminant de la perception et de la présence sensible de ces paysages.

                                Les sections routières longeant la Sèvre nantaise sont ponctuelles, de même, que les chemins de randonnées ne suivent pas suffisamment la vallée pour en permettre une appréciation d’ensemble.

                                De même pour le Thouet où les réseaux empruntent de préférence les crêtes et permettent de suivre, en parallèle sur le plateau, le dessin de la vallée sans véritablement s’y plonger. Les rencontres se situent surtout aux franchissements sans que ceux-ci n’occasionnent de véritables perceptions des vallées tant est présente la végétation. A l’approche des agglomérations les paysages naturels des vallées laissent peu à peu place à l’urbanisation. Néanmoins, dans les agglomérations elles-mêmes, de véritables paysages urbains associant la rivière et le relief s’offrent aux regards. Le chemin de randonnée GR36 permet de suivre à pied le cours du Thouet, depuis Courgé jusqu’à la frontière régionale. Les randonneurs ont ainsi l’expérience sensible de la vallée en continu, comme une entité et non comme une série de petites scènes, ce qui donne au Thouet une existence paysagère dont ne dispose pas l’Argenton.

                                D’importants axes empruntent les vallées dont les développements urbains et industriels contemporains occultent les dimensions paysagères.

                                La vallée du Clain entre Châtellerault et Poitiers est parcourue par la RN10 et le TGV. Quelques rares fenêtres principalement orientées vers l’ouest permettent d’entrevoir les coteaux ou les peupleraies de fonds de vallée. L'autoroute A10 qui n'a pas choisi la vallée longe celle-ci en rive gauche dans les plaines et traverse les vallées adjacentes de l'Auxances et de la Boivre sans que cela ne constitue d'événement marquant sur le trajet. La Menuse ou le Miosson sans routes ni urbanisation restent peu accessible aux regards.

                                Les chemins de randonnée offrent une diversité d’approches sur les vallées par une alternance de sections longeant les cours des rivières et de vues surplombantes.

                                Le système des vallées du Clain et de ses affluents est concerné par un réseau de chemins de randonnée assez dense pour la région et implique une attente de paysage plus vive.

                                Le GR364 emprunte dans sa totalité la vallée de la Vonne et descend ensuite le Clain de Vivonne à Iteuil, où il semble avoir des difficultés à suivre le cours même de la rivière. Il rejoint Poitiers par les forêts et quitte ensuite le cours du Clain. Autour de Poitiers, le GR de pays dit "des batailles de Poitiers" permet de cheminer dans les vallées de l'Auxances et de la Boivre sans toutefois rejoindre Poitiers.

                                Les chemins bifurquent en effet et quittent les vallées à Vouneuil et à Quinçay. La partie est ne fréquente que de petits tronçons de vallée, le Miosson à Nouaillé ou la vallée sèche d’Ensoulesse. Le cours du Clain en aval de Poitiers, la vallée de la Clouère, et tous les tronçons à l'approche de Poitiers, ne sont pas desservis. En revanche, une très agréable promenade piétonne en rive gauche relie le centre ville au lieu-dit " les trois îlots ".

                                Le GR48, qui n'emprunte pas systématiquement le cours des vallées permet des approches ponctuelles : La Roche-Posay, Descartes, Angles-sur-l'Anglin, un tronçon du Salleron, le cours supérieur de la Gartempe

                                Un court tronçon du GR36 et du diverticule de la sylve d'Argenson longe la Boutonne dans sa traversée de la " marche boisée ".

                                Quand les vallées prennent de l’amplitude en largeur, les ponts occasionnent de belles découvertes des paysages de l'eau.

                                La complexité du relief et le dessin sinueux du fond de la vallée de la Charente au niveau du val d’angoumois offrent de grandes diversités et qualités de parcours et de paysages. La route départementale RD737 qui suit globalement le sens de la vallée en coupant les coteaux convexes fait alterner passages en hauteur et passages en pied de coteaux, où les bourgs se sont installés en bordure de fleuve. Le sentier de randonnée du " Tour de l'angoumois " traverse la vallée au niveau de Mansle et de Montignac, le GR36 à Mouton et Chateaurenard. Plus en aval (basse Charente), la RN141 suit la vallée entre Saintes et Jarnac, s'y enfonçant pour passer d'une rive à l'autre à Saintes et à Cognac. La vallée organise alors des paysages urbains d’une qualité rare. Depuis le pont suspendu de Tonnay-Charente, c'est toute l'ampleur de la vallée qu'on mesure en s'élevant au-dessus du fleuve. Il en est ainsi également depuis le pont de la RD733 au sud de Rochefort, et depuis les autoroutes A137 et A10 qui traversent la vallée au nord de Saintes.

                                Les inondations sont des événements qui, en transformant plus ou moins subrepticement les parcours dans la vallée, transforment également les paysages dans le temps et dans l’espace.

                                Certaines petites routes de fonds de vallée deviennent inaccessibles à l’occasion des inondations. D’autres, telle l'ancienne chaussée romaine construite sur des arches près de Taillebourg sont à l'abri des crues tout en permettant d’apprécier toute la mesure des inondations.

                                Dans les agglomérations elles-mêmes en revanche, de véritables paysages urbains, associant la rivière et souvent le relief, sont offerts aux regards.

                                C - LES PRINCIPAUX POINTS DE VUE SUR LES PAYSAGES DE VALLEES

                                Malgré le potentiel occasionné par les reliefs, les points de vue sont bien souvent limités à de petites scènes (plans d’eau, sites urbains…).

                                Même des sites identifiés (cartographiés), tels le cirque de Missé dans la vallée du Thouet, reste difficile à identifier dans son ensemble tant la position relative des chemins et des écrans visuels limite le regard. Il existe des vues dominantes intéressantes sur la dépression de la Mothe-Saint-Héray et celle de la Sèvre niortaise.

                                La vallée de la Creuse reste quant à elle visible sur presque tout son cours grâce aux nombreux points de vue depuis la route départementale RD5.

                                Pourtant, les points de vue élevés sont l'occasion d'une belle mise en scène des motifs de boisements et de bocage alternant avec l'ouverture des prairies.

                                Malgré la végétation, l'ampleur de la vallée ­notamment dans la section basse Charente­ offre le recul suffisant pour permettre des points de vue élevés. Ces points de vues se trouvent entre autres sur les routes de crêtes, et aux lignes de rupture du relief. La terrasse du château de Taillebourg offre un remarquable panorama sur le paysage de la vallée, de même que certains sites urbains.

                                Les panoramas coïncident souvent avec des sites construits remarquables, que les dégagements de coteaux favorisent fortement.

                                Sur la Dronne, la Nizonne, la Tude, citons notamment Aubeterre, Montmoreau, Chalais…

                                  
                                 
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                                I4 - L'ANALYSE PAR MOTIFS
                                  


                                A - LE RELIEF ET LES ROCHES

                                C’est pour l’essentiel le relief qui détermine les sites et les caractères des vallées, selon les roches traversées. Un phénomène lie à la position de seuil géologique voit se succéder les roches anciennes et les roches sédimentaires.
                                Des crêtes aux fonds, de falaises en coteaux et autres chaos rocheux, les reliefs et les roches font se succéder des ambiances diverses et composent les paysages.

                                Si le relief est peu marqué, le cours supérieur de la Sèvre nantaise accueille en revanche les remarquables groupes de chirons du Rocher Branlant et de Boussignoux qui irradient dans le paysage des ambiances de mystère et de légende. On trouve régulièrement des chirons moins importants dans le lit de la rivière et sur ses rives, qui contribuent énormément à animer les paysages. L'Ouin, affluent de la Sèvre, présente un relief plus marqué dans le territoire régional, au sein duquel s'inscrit notamment le site de Mauléon, provoque certains points de vue plus conséquents comme à Moulins.

                                Les falaises, qu’elles soient granitiques ou calcaires, représentent (au moins potentiellement) un fort degré de pittoresque. A l’échelle du territoire régional marqué par de grandes plaines horizontales, les verticales des falaises instaurent par contrepoint un contraste paysager déterminant. Certains sites de falaises ont tant de force qu’ils s’inscrivent dans l’histoire et la mémoire collective.

                                Dans le système des vallées du Clain et de ses affluents, se déclinent successivement des chaos granitiques en amont (avec les magnifiques groupes du Bois Pouvreau) puis les parois de calcaire en aval telles les falaises de Poitiers ; celles-ci sont parfois négligées comme motifs de paysage (autour de la gare par exemple). Il n’est pas rare de voir en même temps des découpes calcaires aux parois des vallées et des rochers granitiques animant le cours de la rivière, tel qu’aux Iles de Pont à Ligugé (site géré par le Conservatoire d’espaces naturels de Poitou-Charentes).

                                Le site d’Heutebise (Seugne), aux environs de Jonzac, est remarquable par ses falaises calcaires creusées de grottes ; son histoire est profondément liée à la vie Jonsaçaise.

                                Selon que les rivières circulent en surface de secteurs plats ou au travers de reliefs creusés, les vallées ne présentent pas du tout les mêmes intérêts et donc les mêmes enjeux paysagers.

                                Seuls les affluents "mellois" de la Boutonne présentent un relief creusé. La Boutonne semble circuler à la surface des plaines sans les creuser.

                                Prise tout d'abord dans la continuité des vallonnements bocagers de la Charente limousine, la vallée dela Charente commence à réellement s'individualiser et à se démarquer des vallées affluentes entre Alloue et Chatain. Le fond plat s'élargit et les coteaux se dessinent plus nettement. Le calcaire du sous-sol apparaît dans les escarpements rocheux des coteaux, creusé parfois de grottes comme à Chaffaud, près de Civray. Dans le tronçon nord-sud qui creuse le plateau calcaire du Ruffécois, les méandres du fleuve viennent buter contre des coteaux concaves à la pente accentuée tandis que le versant opposé de la vallée rejoint plus doucement la ligne de crête, installant une transition avec le plateau. Le coteau est de la Charente s'ouvre sur une série de vallées qui entaillent doucement le plateau : vallée du Cibiou, de la Lizonne, de l'Argent Or, de la Sonnette. La vallée de la Charente commence à prendre de l'ampleur après le virage qu'elle amorce vers l'ouest, en aval de Mouton. Dans son tronçon nord-sud, l'ampleur de la vallée est d'environ sept kilomètres d'une ligne de crête à l'autre. C'est une longue et ample dépression aux coteaux creusés de nombreuses combes qui se prolonge au nord par le bassin de l'Aume-Couture. Le fond plat de la vallée suit le cours sinueux des méandres, qui butent contre des coteaux concaves à la pente accentuée, tandis que le versant opposé rejoint plus doucement une terrasse intermédiaire, en contrebas de la ligne de crête. Cette complexité est l'occasion d'une grande diversité de relations avec la vallée et le fleuve.

                                B - L'EAU ET SES MANIFESTATIONS

                                L’eau occupe naturellement le centre de la composition des paysages de vallées, le centre des "tableaux " ou autres représentations proposées. Elle constitue un plan dégagé de référence qui s’accentue encore davantage à hauteur des retenues et autres plans d’eau.

                                Trop d’aménagements hydrauliques, de drainage et de calibrage écartent néanmoins la rivière et ses paysages des ambiances campagnardes que l’on attend d’eux (Sèvre nantaise).

                                Des paysages changeants et capricieux.

                                Le Clain provoque fréquemment des inondations parfois violentes ­comme en 1982­ où les voies de chemin de fer de la gare, recouvertes d'eau, rappellent leur situation en fond de vallée

                                Les débits de la Charente offrent de grandes variations saisonnières. En hiver il n'est pas rare que la Charente envahisse le fond plat de sa vallée. Ces inondations modifient profondément le paysage : du grand voile d'eau qui efface alors routes et prairies n'émerge que la structure haute des arbres. A l'inverse, les dessèchements estivaux peuvent faire chuter considérablement son débit d'étiage. Le barrage de Lavaud a été construit pour y remédier. Il constitue un motif particulier dans cette partie haute du cours, donnant présence à l'eau et ampleur au paysage alors que la Charente encore discrète est souvent dissimulée par la ripisylve dense qui l'accompagne. En aval de Civray, le cours du fleuve commence à dessiner d'amples méandres, et à se diviser ; le motif des îles apparaît et se poursuit sur toute la partie médiane de son cours (val d’angoumois). Terre et eau se mêlent alors étroitement : cette "prée" que l’eau morcelle en chapelets d'îles est le domaine du fleuve : territoire inondable qui participe de sa fluidité et de ses variations et dont bien des installations humaines s'écartent. L'alimentation de la Charente reste relativement modeste jusqu'à Angoulême. Longeant le pays du karst, le fleuve y récupère grâce à la Touvre une partie des eaux perdues dans le plateau calcaire par la Tardoire, la Bonnieure et le Bandiat. Il double ainsi son débit et s'élargit à partir d'Angoulême où le fleuve devient navigable.

                                Le fleuve est encore sinueux et très divisé entre Angoulême et Jarnac. Après une section plus resserrée, il reprend possession en aval de Cognac de tout le fond de la vallée. Fossés et canaux drainent les dépressions humides, complétant un réseau déjà naturellement complexe et dense. Les paysages de marais s'installent, annonçant ceux qui se développent vers l'embouchure du fleuve, en aval de Tonnay-Charente.

                                Des expressions singulières de l’eau.

                                Dans les paysages autour de la Seugne, la présence d’un forage d’eau chaude et les aménagements spécifiques (station thermale, lac, baignade…) valorisent la présence de l’eau, et l’associent, au delà d’un usage thérapeutique, aux plaisirs du bain et des jeux.

                                La Nizonne ­et à moindre degré la Dronne­ se divise en nombreux bras qui ont pris possession du fond plat de sa vallée, et ont occasionné le développement de zones marécageuses, de friches humides et de tourbières. L'exploitation de ces dernières a laissé place aux environs de Vendoire à des successions d'étangs aux formes géométriques caractéristiques. La vallée de la Dronne est par endroit inondable, ce qui lui confère cette qualité particulière de domaine potentiel de la rivière, d'où se tient à l'écart toute installation construite. La présence épisodique de nappes d'eau fait varier le paysage, flaques brillantes éclairant la surface mate des terres cultivées en hiver, ou envahissant plus largement de vastes surfaces du fond de vallée.

                                C - LA VEGETATION

                                Dans les vallées, la végétation se manifeste sous des formes très diverses et contribue ainsi à la variété des paysages rencontrés. La végétation des rives s’organise en bandes de ripisylve plus ou moins épaisses et denses selon les situations. A tel point même que celle-ci isole parfois dans un couloir l’espace des rivières du reste de la vallée. Lors des franchissements, c’est souvent la vigueur de cette végétation qui s’impose au détriment d’une vision de l’eau.

                                Pour la plupart des cours d’eau, la matière spécifique des saules et des aulnes, la fraîcheur des iris et des joncs suscite des scènes très plaisantes directement associées à l’eau. Dans les fonds de vallée, les prairies, les haies, les peupleraies et les cultures se succèdent selon les profils, et conditionnent largement l’ambiance proposée. Il faut remarquer que, dans une lecture centrifuge de l’espace qui part du point central de l’eau et va chercher les horizons, le fond de vallée et les volumes qui l’occupent déterminent la possibilité de percevoir les éléments qui composent l’entité paysagère. Selon que le fond est dégagé ou non, on aura alors la possibilité de "lire ensemble " (c’est à dire de percevoir un paysage) la rivière et sa vallée, depuis l’eau jusqu’au ciel, et en particulier de percevoir en même temps les deux coteaux. A contrario, la présence de volumes végétaux (des peupliers le plus souvent, mais aussi des boisements, de la végétation naturelle haute, les ripisylves…) vient souvent s’interposer entre les différents éléments que l’espace de la vallée rassemble, camoufler un motif ou un horizon, briser la continuité d’un tronçon au fond dégagé.

                                Dans la vallée de la Sèvre nantaise, une végétation spécifique succède à celle des fonds, et conditionne à nouveau les ambiances. Ici, dans les parties hautes du bocage, on voit surtout le tissu des haies et des prairies, apparaître sur les flancs de la vallée.

                                Dans la partie aval du secteur du Thouet et de ses affluents, les vallées se creusent dans les granites et accueillent la végétation tout à fait spécifique de terres maigres comme à Grifférus.

                                La roche sculptée, bleutée par les lichens, composent des paysages en contre bas du bocage. En revanche, la végétation de friche du fond de vallée très étroit interdit un rapport visuel avec la rivière elle-même.

                                Ailleurs, les pentes accueillent tantôt des cultures ou des prairies (rares), tantôt des bois (qui souvent apportent une "conclusion " au paysage de vallée dont ils forment l’horizon) ; tantôt des friches à des stades divers résultant des difficultés de gestion des terres en pente. Il faut absolument noter le formidable potentiel de variété végétale que représentent dans leur ensemble ces coteau. La succession des sols granitiques ou calcaires s’ajoute aux multiples types d’exposition à la lumière, à la pluie et à la chaleur, induisant un vaste volant de stations auxquelles s’ajoutent des modes de gestions spécifiques. Le pâturage ou la fauche des prairies maintient la richesse végétale de ces sites (la présence des orchidées sur les stations calcaires exposées au sud restent un symbole de cette potentialité). L’orientation des vallées permet dans des secteurs proches le développement d’une végétation d’affinité méditerranéenne sur les versants sud et septentrionale sur les versants à l’ombre. Les paysages de vallées concentrent alors la rencontre végétale du sud et du nord de la France qui constitue un trait spécifique de la région.

                                Autour des villes, le contact entre fonds de vallée et coteaux est le lieu privilégié des jardins, qui permettent des dégagements visuels utiles. Plus loin, le rôle similaire de dégagement qu’assuraient les prairies inondables tend à disparaître.

                                Dans la vallée du Clain, les terrasses jardinées entretiennent des dégagements visuels favorables à l’appréciation ou à la lecture du paysage. En aval, lorsque les vallées s'élargissent, les bandes végétales hautes (saules, aulnes, peupliers) coupent la perception des vallées en trois :

                                - le couloir de la rivière elle-même, perceptible uniquement depuis les ponts (ou en bateau),
                                - les rives,
                                - une bande végétale plus ou moins large (prairies de plus en plus rares) jusqu'au coteau.

                                De même, certains domaines et autres vastes propriétés adossés aux coteaux des vallées et qui entretenaient autrefois des espaces ouverts (de respiration) tiennent beaucoup moins ce rôle. Par exemple, le Château de Coudray-Salbart (Sèvre niortaise) semble enfoui dans la matière végétale.

                                D - LE BATI, LES MOTIFS CONSTRUITS

                                Sur ce thème à nouveau, les vallées représentent une exceptionnelle richesse. L’eau suscite un patrimoine bâti très largement impliqué dans la composition des paysages. L’accès à l’eau, le contrôle des franchissements, les sites défensifs sculptés par le relief ont motivé les implantations humaines dans les vallées.

                                Pour rester dans une logique picturale, ces éléments construits forment les fabriques qui animent les tableaux ou les photos. Les ponts, les moulins, les barrages, les manoirs, les fermes et les châteaux ponctuent le cours des vallées, associés à l’eau dans leurs rapports d'espace et d'usage. Ils portent aussi, plus fortement que les formes végétales, la mémoire des usages anciens en particulier les moulins.

                                Des centres urbains anciens formaient (et forment encore pour certains) avec les éléments naturels des compositions très typiques autour desquelles les villes ont parfois progressé. Elles débordent parfois les limites du site initial d’implantation. Il en résulte souvent des difficultés de lecture des rapports entre le tissu urbain et les éléments naturels, des ruptures dans les enchaînements de motifs.

                                Niort, Saint-Maixent et la constellation des communes de l'agglomération niortaise appartiennent aux paysages de la vallée de la Sèvre niortaise et de ses affluents. Dans les fonds de vallée des affluents mellois, les prairies, les peupleraies et les cultures se succèdent selon les profils, et conditionnent largement l’ambiance proposée : prairies recoupées de haies ou de murets dans le bocage.

                                Saint-Amand-sur-Sèvre et la Forêt-sur-Sèvre sont les rares localités inscrites dans les paysages de la vallée de la Sèvre nantaise, tandis que Mauléon plus importante marque le cours de l'Ouin. Airvault, Argenton-Château, Argenton-l’église, Bressuire, Parthenay, Saint-Loup-Lamairé, Thouars occupent des sites remarquables du Thouet et de ses affluents.

                                Sur le Clain, c’est Poitiers, bien sûr, et toute l'urbanisation associée au Futuroscope entre la capitale régionale et Châtellerault. En amont, Ligugé, Iteuil, Vivonne, Sommières du Clain ponctuent le cours de la rivière. Nouaillé-Maupertuis est inscrit dans le cours du Miosson, Gençay dans celui de la Clouère, Couhé dans celui de la Dive, Lusignan et Ménigoute dans celui de la Vonne, Vouneuil dans celui de la Boivre, Ayron dans celui de la Vandelogne. La vallée de l'Auxances abrite Nanteuil, Migné, Quinçay, Périgny, Vouillé, Latillé, et semble la vallée la plus touchée par le phénomène d'urbanisation lié à l'influence de Poitiers.

                                Des sites exceptionnels sur la Vienne associent les motifs du relief à ceux du patrimoine (Chauvigny, Lussac, Confolens, Saint Germain de Confolens). Dans une autre monumentalité, la centrale nucléaire de Civaux marque de sa présence un épisode entier de la vallée.

                                L’urbanisation linéaire au droit des routes de fond de vallées ­telle qu’elle s’est opérée ces dernières décennies­ est destructrice de paysage.

                                Le phénomène généralisé de part et d'autre de Châtellerault (vallée du Clain), a envahi les lignes constituées par le pied des coteaux, les flancs eux-mêmes, sans préserver de coupure d'urbanisation entre agglomérations. La ville a néanmoins su affecter et maintenir l’usage public d’une partie des berges du Clain.

                                D’autres relations spécifiques du patrimoine bâti avec les paysages de vallées tiennent aux modes d’habitats anciens successifs : des habitats troglodytes insérés dans les parois rocheuses, en passant par les sites stratégiques médiévaux, ou les ports fluviaux…

                                L'habitat troglodyte creusé dans la falaise bordant la vallée de la Creuse à Saint Rémy-sur-Creuse est de ce point de vue représentatif. Le développement assez anarchique du village prive malheureusement les motifs troglodytes d'une relation paysagère complète avec la vallée. Sur la haute Charente, Civray et Verteuil-sur-Charente sont ici les seuls bourgs à avoir réellement pris possession des deux rives du fleuve : ces sites stratégiques étaient défendus au Moyen Age par des châteaux qui commandaient le passage de la Charente. Avec la navigabilité de la Charente, les bourgs s'installent de façon plus systématique à proximité de l'eau et une ambiance particulière liée aux quais, aux ports et à la présence des embarcations au fil du fleuve se développe. La Charente a aussi induit l'installation d'industries traditionnellement liées à l'eau dont les bâtiments spécifiques sont les témoignages d'activités aujourd'hui révolues : moulins à papier, tanneries...

                                Des sites particulièrement pittoresques.

                                Aubeterre-sur-Dronne doit son label des "plus beaux villages de France" tout autant à son site de falaise dominant la Dronne, qu'à la qualité de son patrimoine architectural : l'église Saint-Jean, datant du XIIe siècle, est un exemple remarquable d'architecture monolithe.

                                E - LES RESEAUX (routes, lignes électriques…)

                                Les routes et chemins marquent eux aussi les paysages de vallées, qu’il s’agisse des ponts, des viaducs, des gués, dont on sait la valeur de révélation du paysage environnant mais aussi le risque accru de nuisance quand la relation mutuelle est négligée.

                                Là où le viaduc peut sublimer l’espace de la vallée, les remblais peuvent en briser à jamais l’harmonie et les entailles dans les coteaux éventrer les limites de son espace.

                                Dans les Deux-Sèvres, le réseau des venelles accrochées au flanc des coteaux (Sèvre niortaise et affluents) rappelle aussi l’histoire des protestants trouvant dans les vallées les refuges que la plaine ne pouvait leur offrir. Le passage de l'A10 n’offre malheureusement pas de véritable mise en scène de la vallée de la Sèvre niortaise, encore moins de celle du Lambon.

                                Le chemin de randonnée GR36 donne au Thouet une dimension paysagère qui l’inscrit comme un atout pour la région, ce qui reste potentiel dans le cas de l’Argenton. Le GR "Sud Gâtine" quant à lui emprunte pour de courts tronçons la vallée de l'Autize, au Nord d'Ardin, et celle de l'Egray à Champdeniers. Le GR 36 relie ­par la vallée­ Niort au château de Coudray-Salbart.

                                Les motifs spécifiques des chemins de halage.

                                Les chemins de halage tels celui de Port d'Envaux sur la Charente sont l'occasion d'une agréable promenade au bord du fleuve, avec vue sur de belles demeures agrémentées de parcs.

                                  
                                 
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                                  II -LES DYNAMIQUES ET ENJEUX DE PAYSAGE
                                    
                                   
                                  II1 - LES PRINCIPALES DYNAMIQUES DANS LES PAYSAGES DE VALLEES
                                    


                                  EVOLUTIONS EN COURS LES PLUS MARQUANTES

                                  Les modifications paysagères des vallées ont trait en premier lieu à la gestion de l'eau elle-même : multiplication des retenues collinaires, rectification et recalibrage des cours d'eau, abandon d'entretien des berges par les riverains qui n'en ont plus le temps (ou les moyens), drainage des terres… Mais c’est aussi l’urbanisation sans composition spatiale, (mitage, dissémination linéaire d’éléments bâtis auprès des infrastructures…) qui constitue l’une des évolutions les plus marquantes de la plupart des paysages de vallées.

                                  L’évolution des spéculations agricoles vers l'élevage intensif ou la céréaliculture (culture du maïs fourrager ou grain) se substituant aux prairies, ou des plantations de peupliers, sont autant de caractères évolutifs communs à ces paysages. De même que l’abandon ou la destruction des réseaux de chemins en continu, et la mono spécificité d’usages : privatisation des berges pour la pêche ou le loisir ou autres pratiques récréatives (pêche, escalade, canoë).
                                  A ces éléments, pourleThouet par exemple, s’ajoutent des dynamiques d’enfrichement dues à l’abandon des terres de coteaux, des prairies des flancs et des fonds de vallées.

                                  Sur les vallées duClainet laBoivre, le développement de l'urbanisation de l'agglomération de Poitiers représente le point le plus marquant. L’ensemble des communes de l’agglomération est en progression démographique. Le secteur ouest de Poitiers est particulièrement touché, ainsi que la vallée amont du Clain et la rive droite de la vallée aval qui avait su jusque là garder des ambiances de campagne. Le phénomène moins marqué sur laVienne est cependant sensible sur des communes au taux de progression démographique positif. Le développement urbain autour de Châtellerault déjà très engagé sur un important linéaire est aussi préoccupant.

                                  La pression urbaine est (ou a été) manifeste dans certains secteurs de la vallée de laCharente : à La Peruse et Roumazières en relation avec les exploitations de carrières et l'activité industrielle de ces deux bourgs ; dans ou à proximité des communes importantes : à Civray, avec l'extension d'une urbanisation de fond de vallée, à Condac (proximité de Ruffec), à Fonclaireau et Puyreaux (proximité de Mansle et de la RN10). Les conséquences en sont une tendance au développement d'un habitat périurbain dispersé, au mitage des bords de Charente et à la privatisation des berges. Quant au tourisme autour du fleuve Charente, il est principalement orienté sur la découverte du patrimoine architectural et s’appuie sur le potentiel naturel du pays (tourisme vert) : pêche, canoë, randonnées pédestres, VTT. Il s'accompagne du développement de l'accueil chez les habitants (camping à la ferme, chambres d'hôtes et gîtes ruraux).

                                    
                                   
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                                  II2 - LE DIAGNOSTIC PAYSAGER
                                    
                                  A - ATOUTS ET FAIBLESSES

                                  Les qualités pittoresques des vallées et l’importance des populations qui les fréquentent (habitants et visiteurs) leur donnent un degré supérieur de valeur paysagère…

                                  En particulier, elles seules permettent d’envisager les territoires comme des tableaux, présentant un étagement d’éléments vers le ciel : il n’y a pas d’horizon de montagne dans la région, mais il peut y avoir des coteaux qui se découpent sur le ciel. Elles sont aussi les lieux de vie les plus peuplés. Le potentiel est énorme, mais reste souvent encore latent. Les vallées détiennent des trésors, encore à découvrir, par l’accessibilité et la lisibilité. Cette vocation a déjà été affirmée pour la Vienne dans une étude de 1979.

                                  Les faiblesses proviennent souvent d’un manque de composition de la végétation ou d’autres éléments, venant briser la continuité de lecture des divers éléments ou d’un manque d’intégration des éléments nouveaux (nouveaux quartiers, voies, équipements…). Elles peuvent également provenir de la rareté des points de vue pour apprécier l'espace de vallée.

                                  Les nombreuses actions (retenues d'eau, recalibrages, drainages) ou abandons de gestion (berges, haies, chemins) induisent une évolution des paysages des vallées de la Sèvre nantaise et de ses affluents où s'accumulaient les opérations, sans vue d'ensemble tel que le révèle le plan de paysage établi en 1994 par l’Association de la Sèvre nantaise et de ses affluents. Dans le cas du Thouet, la présence du chemin de Grande Randonnée appelle une certaine qualité des promenades.

                                  B - MENACES

                                  Elles sont liées à différents facteurs d'évolution :

                                  L'agriculture :

                                  - abandon de l’élevage extensif avec toutes les conséquences d’ores et déjà évoquées ci-dessus,
                                  - des plantations de peupliers qui opacifient les fonds de vallées,
                                  - abandon d'entretien des berges faute de temps avec densification de la végétation ou à l'inverse, élimination trop sévère de la végétation,
                                  - abandon d'entretien des haies , développement de la friche,
                                  - abandon ou destruction des réseaux de chemins en continu,
                                  - irrigation des cultures ayant une incidence sur le niveau des cours d'eau, effet des traitements et surtout des lessivages sur la qualité des eaux de surface,

                                  Les loisirs :

                                  - privatisation des berges pour la pêche ou les loisirs,

                                  L’urbanisation :

                                  - développement des bourgs sans composition de l'espace,
                                  - mitage des fonds de vallée, des coteaux, de la ligne d'horizon,
                                  - privatisation des berges.

                                    
                                   
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                                  II3 - LES MESURES EN COURS
                                    


                                  A - MESURES DE PROTECTION ET DE GESTION

                                  Outre les multiples outils d’inventaire et d’identification des milieux (ZNIEFF, Réserves…), des sites classés (ou inscrits) au titre de la loi de 1930, les vallées font l’objet d’un grand nombre de mesures d’accompagnement et de gestion.

                                  La gestion des vallées s’organise en bassins : laCharente, par exemple, doit s'inscrire dans le cadre général du Schéma directeur d'aménagement et de gestion des eaux (SDAGE) du bassin Adour-Garonne. Le bassin de la Charente y constituera une unité hydrographique cohérente sur laquelle seront fixés des objectifs de qualité et des débits minimums admissibles pour restaurer les milieux aquatiques et diminuer l'impact des pollutions résiduelles. Pour mener à bien ces objectifs, les structures administratives de réflexion et de coordination en place sont la Commission géographique du bassin de la Charente et l'Institution interdépartementale pour l'aménagement du fleuve Charente et de ses affluents. Les documents contractuels de gestion concertée établis sont le Protocole relatif à la gestion des eaux du bassin de la Charente, et la convention entre le gestionnaire du fleuve Charente et les usagers agricoles.

                                  Par ailleurs le Conservatoire d’espaces naturels de Poitou-Charentes a engagé des opérations de sauvegarde des prairies alluviales du val de Charente, entre Mansle et Angoulême. A citer également l’opération engagée par l’Etat sur le val de Charente et Seugne dans le cadre de la procédure Natura 2000.

                                  B - OPERATIONS D'AMENAGEMENT

                                  - La ligne de train reliant Tours à Bordeaux va passer en ligne à grande vitesse, son aire d’étude recoupe un grand nombre de vallées. Les modes de franchissement devront être étudiés finement sur le plan du paysage, en tenant compte des caractères spécifiques des secteurs traversés,

                                  - Le barrage de Mas-Chaban, sur la Moulde, est en cours de réalisation. Il a pour objectif de compléter le barrage de Lavaud : pour satisfaire en permanence les besoins en alimentation d'eau potable, pour garantir un débit minimum en amont d'Angoulême permettant d'assurer les besoins pour l’irrigation et la préservation des écosystèmes. L'aménagement touristique des lacs est prévu : stationnement, activités nautiques, hôtel de plein-air, village naturiste.

                                  Quelques type de planification territoriale

                                  - Un plan de paysage de laSèvre nantaiseet de ses affluents établi en 1994 a défini des actions de planification et d'aménagement reprises dans une politique intercommunale. Il se traduit actuellement surtout par des actions ponctuelles de restauration des ouvrages hydrauliques et du petit patrimoine bâti lié à l’eau.

                                  - Trois études de paysages des vallées de laCreuse et de laGartempe (1973, 1981 et 1996) préconisaient des mesures de planification, d’aménagement dont il est difficile aujourd’hui d’apprécier les effets ; les sites patrimoniaux ont fait l'objet de Zones de Protection du Patrimoine Architectural, Urbain et Paysager (ZPPAUP),

                                  - Le label "Paysage de reconquête", basé sur l'accueil touristique, préconisait des opérations de restauration de chemins et de berges. Les résultats ont-ils été évalués ?

                                  Grands projets à forts impacts paysagers

                                  - Dans le cadre du " 1% paysage " pour la section autoroutière Oulmes ­ La Crèche, un programme de mise en valeur des bords de Sèvre entre Niort et Saint-Maixent est en cours.

                                  - La ligne TGV.

                                    
                                   
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                                  II4 - QUELQUES BOÎTES A IDEES
                                    


                                  A - POUR LA POPULATION

                                  Prise en compte dans les Plans d’Occupation des Sols des relations des villes avec leur site de vallée.

                                  - Appréhender les développements urbains à venir sous l’angle paysager et retraduire les choix dans les documents d'urbanisme, est capital pour gérer et entretenir la qualité paysagère des vallées ; étudier notamment le rapport du front urbain et des parcours dans les fonds de vallées (mitage, privatisation du fond de vallée), le franchissement des extensions urbaines par-delà leur site initial (rebords de plateaux, mitages des horizon).

                                  - S’attacher à maintenir des ruptures d’urbanisation dans le "déroulement " des paysages (dans les projets également).

                                  - Appuyer les orientations paysagères au travers des schémas directeurs notamment dans le contrôle de la répartition des zones dégagées et boisées.

                                  Examen attentif des spécificités urbaines et paysagères de chacune des agglomérations.

                                  - Etudier soigneusement la qualité et les enjeux de paysage des agglomérations dans une perspective prospective. Par exemple, le développement de Poitiers, qui affecte un territoire élargi, s’effectue selon une étoile de vallées nécessitant des approches spécifiques quant aux futurs modes de relation des tissus urbains et des pratiques des habitants (promenades, loisirs). La mise en place de mesures de planification, d'aménagement et de gestion appropriées à cette évolution apparaît indispensable. Un document de planification global (de type SDAU) reprenant des orientations paysagères préalablement définies serait fort utile. Idem, pour la vallée (élargie) de la Sèvre niortaise entre Niort et Saint-Maixent l’Ecole, et pour d’autres…

                                  Identification des séquences paysagères spécifiques des vallées.

                                  - Identifier afin de mieux appréhender leur devenir­ les différentes séquences paysagères des vallées. De longues et larges vallées comme la Charente présentent des caractéristiques paysagères très diverses tout au long de leur parcours : l’étude diagnostic de séquences de la vallée, cohérentes en terme paysager et des vallées affluentes dans leur ensemble, permet une prise en compte dynamique des relations (passées, actuelles et ultérieures) des villes et villages avec l’espace entier de la vallée.

                                  B - POUR L'AMENAGEMENT

                                  - Aborder les paysages de vallée site par site, y compris de petites scènes.

                                  Par exemple :

                                  • les tronçons au droit des franchissements routiers (aménagement de "scènes paysagères " autorisant une vision globale par exemple),
                                  • le patrimoine (les fabriques) et son environnement paysager peuvent être abordés ensemble : restauration (pont, moulin, digue…) et mise en scène concomitante de ses relations avec le paysage de vallée : dégagement de fenêtres, position de points de vue…
                                  • le contact de la vallée avec les agglomérations : promenades publiques, dégagements visuels sur les belles scènes, aménagements d’intégration des éléments nouveaux, composition paysagère des lieux de loisir (campings, sites de pêche)…
                                  • les sites "naturels " : mise en scène paysagère de l’accessibilité, des parcours, des scènes … à l'instar du site du rocher branlant (vallée de la Sèvre nantaise) qui constitue un assez bon exemple.
                                  • repérage et mise en scène des plus beaux motifs de falaises,
                                  • mise en scène paysagère des sites sportifs : sites d'escalade, de mise à l'eau, aménagement des stationnements, des accès
                                  • protection des espaces naturels sensibles

                                  - Mettre en place l’accessibilité des paysages :

                                  • acquisition et entretien de chemins, en liaison notamment avec les centres urbanisés, et traitement paysager de scènes et de fenêtres.
                                  • améliorer la lisibilité : repérage et mise en scène de "points de vue routiers ", depuis les parcours sur le haut des coteaux, et dans l’espace même des vallées.

                                  C - POUR LA GESTION ET L'ENTRETIEN

                                  - Mettre en place des modes de gestion localisés : le souci de la qualité paysagère (faunistique, floristique, architecturale…) doit accompagner les autres : économique, social, pédagogique, touristique. Il peut amener à motiver une gestion de sols dégagés, de prairies de fonds de vallées et/ou de coteaux..

                                  - Faire valoir la question de la valeur collective des cours d’eau à travers l'entretien des berges. Les propriétaires privés ont beaucoup de mal à assurer ces charges de gestion. La collectivité identifie de plus en plus des attentes publiques de nature, d’activités au bord de l’eau, de simple accès à la rivière ou de simple gestion écologique des berges. Certaines y répondent par le biais de brigades vertes ou d’équipes encadrées par des techniciens de rivières.

                                  - Intégration de projets de reconquête écologique et paysagère des fonds de vallée dans des Contrat Territoriaux d’exploitation, individuels et collectifs.

                                  D - POUR L'EVOLUTION DES MODES DE LECTURE

                                  Les paysages de vallées se caractérisent par leurs allures extrêmement changeantes : d’une saison à l’autre, ou selon les variations des niveaux d’eau. A cet effet, la diffusion d'images automnales ou hivernales (ex. : prairies inondées) amène un autre regard sur ces paysages.

                                  - Diffuser la représentation existante (tableaux, photographies…) ­ou en créer de nouvelles­ de sorte à les inscrire dans la mémoire collective et faire appréhender la qualité des espaces au plus grand nombre (dépliants, livres de photos).

                                  - Mettre en place des circuits de loisirs et touristiques basés sur la lecture, la compréhension et l’appréciation des paysages (balades à pied, à cheval, haltes, dépliant de présentation…), ainsi que des plans d’action d’aménagement et d’entretien liés aux parcours.

                                    
                                   
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